Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a lancé samedi son propre parti politique, profitant de l’occasion pour consolider son soutien populaire.
Cette initiative accentue sa rupture avec son ancien allié devenu rival, Ousmane Sonko, chef du Pastef, le parti au pouvoir.
Les deux hommes, arrivés ensemble au pouvoir en 2024 sous la bannière du parti, devraient s’affronter lors de l’élection présidentielle de 2029.
Dans les semaines précédant le lancement de Kiray (Patriotes républicains), le parti de Faye, un nombre croissant de responsables du Pastef ont démissionné pour rejoindre son camp.
Plusieurs membres de l’Alliance pour la République, parti d’opposition, ont également rejoint le mouvement présidentiel, notamment des dirigeants régionaux et des membres de sa branche jeunesse.
L’alliance entre Faye et Sonko s’est effondrée sur fond de désaccords concernant des décisions politiques clés.
Cela comprenait la question de la négociation d’un programme de prêt avec le Fonds monétaire international, dans un contexte de grave crise de la dette.
Faye a limogé Sonko de son poste de Premier ministre en début d’année, mais le parti de Sonko a conservé une large majorité au Parlement et il a été élu président de l’Assemblée nationale peu après.
Un nouveau Premier ministre, Ahmadou Al Aminou Lo, a été nommé en mai, mais le gouvernement a été formé sans aucun ministre issu du Pastef, Sonko ayant annoncé que son parti ne participerait pas aux opérations gouvernementales.
En 2024, Faye et Sonko ont fait campagne ensemble, promettant de créer des emplois pour les jeunes, de lutter contre la corruption et d’obtenir une part plus importante des revenus tirés des ressources pétrolières, gazières et minières du Sénégal.
Mais ces promesses sont devenues plus difficiles à tenir.
Le fardeau de la dette du pays s’est aggravé depuis leur arrivée au pouvoir, après que les autorités ont découvert que l’administration précédente avait sous-déclaré des emprunts de plusieurs milliards de dollars.
La création du nouveau parti de Faye provoque une confrontation politique entre les anciens alliés, qui devrait se manifester lors des élections locales de 2027 et pourrait influencer la campagne pour l’élection présidentielle de 2029.




