Le dépouillement a débuté en Guinée-Bissau, pays dirigé par l’armée, suite à la clôture du scrutin lors d’un référendum susceptible d’accroître les pouvoirs du président, avant les élections générales prévues plus tard cette année et visant à rétablir un régime civil.
Le dépouillement a commencé en Guinée-Bissau, pays dirigé par l’armée, après la clôture du vote lors du référendum de dimanche, qui pourrait octroyer davantage de pouvoirs au président avant les élections générales destinées à rétablir un régime civil plus tard cette année.
La sécurité a été renforcée aux points stratégiques de la capitale, avec le déploiement de membres de la Garde nationale et de la police aux endroits clés.
Les bureaux de vote ont fermé comme prévu à 17h00, heure locale, et les premiers résultats provisoires sont attendus mardi.
Idrissa Djalo, secrétaire exécutif de la Commission électorale nationale, a déclaré lors d’une conférence de presse dimanche soir que le taux de participation avait « dépassé » 55 %.
La commission estime que « dans l’ensemble, le vote s’est déroulé sans incident susceptible de remettre en cause la crédibilité du scrutin », a-t-il ajouté.
Le référendum s’est tenu moins de dix mois après le coup d’État qui a vu l’armée s’emparer du pouvoir dans ce pays ouest-africain lusophone et pauvre.
Halimatou Traoré, commerçante, a confié à l’AFP espérer que la nouvelle constitution apporterait des changements positifs.
« Les crises successives qu’a traversées le pays ont eu un impact très négatif sur mes revenus », a-t-elle déclaré en attendant de voter. « Si tout se passe bien, la Guinée-Bissau s’engagera sur de nouvelles voies. »
Braima Seidy, 76 ans, vétéran de la guerre d’indépendance contre le Portugal, est sorti souriant de l’isoloir.
« Je crois sincèrement que cette nouvelle Constitution peut apporter la stabilité au pays », a-t-il déclaré à l’AFP.
Système présidentiel
La junte affirme que cette réforme vise à stabiliser les institutions avant les nouvelles élections présidentielles et législatives prévues le 6 décembre, destinées à rendre le pouvoir aux civils.
Mais le climat politique est tendu dans ce pays côtier sujet aux coups d’État. L’opposition a exhorté les électeurs à boycotter le référendum « dans un contexte de restrictions des libertés publiques ».
Le chef de la junte et président de transition, le général Horta N’Tam, a appelé les jeunes à voter « massivement » lors de son propre vote dimanche.
« Ce que nous voulons après ce référendum, c’est permettre au vainqueur des élections d’exercer son mandat sans entrave », a-t-il déclaré.
En vertu de la charte de transition qu’il défend, le général ne peut se représenter.
La junte a approuvé à l’unanimité un amendement constitutionnel visant à instaurer un régime présidentiel, abandonnant ainsi le régime parlementaire, et a appelé la population à le soutenir.
Le nouveau texte propose d’abandonner l’ancien système selon lequel le Premier ministre était issu de la majorité parlementaire, ce qui a engendré un partage du pouvoir difficile.
Il permettrait également au chef de l’État de nommer et de révoquer le Premier ministre et les membres du gouvernement, et de dissoudre le Parlement.
Dimanche, les électeurs devaient répondre par « oui » ou « non » à la question : « Êtes-vous d’accord avec l’entrée en vigueur de la nouvelle constitution approuvée par le Conseil national de transition ? »
« Au compte-gouttes »
L’armée a pris le pouvoir quelques jours seulement après l’élection présidentielle, renversant le président sortant Umaro Sissoco Embalo et suspendant le processus électoral.
Suite aux élections législatives de 2023, Embalo a dissous le parlement, dominé par l’opposition, en réaction à ce qu’il a qualifié de tentative de coup d’État.
Il a ensuite gouverné par décret jusqu’à son éviction par l’armée.
Dans cinq bureaux de vote de Bissau visités par l’AFP dans l’après-midi, la participation était irrégulière et faible. Les fortes pluies du matin en avaient dissuadé certains.
« Les électeurs arrivent au compte-gouttes », a déclaré le responsable de l’un des bureaux de vote. « La pluie a ralenti l’activité. »
La Guinée-Bissau, l’un des pays les plus pauvres du monde, a connu cinq coups d’État et plusieurs tentatives de coup d’État depuis 1974.
Ce référendum intervient après que plusieurs autres pays africains, dont le Zimbabwe et le Tchad, ont modifié leur constitution ces dernières années afin d’allonger la durée des mandats, de supprimer les limites d’âge ou de renforcer les pouvoirs de l’exécutif.




