La Guinée-Bissau est appelée à voter ce dimanche sur une nouvelle constitution qui renforcerait considérablement les pouvoirs de la présidence et remodelerait le système politique du pays avant les élections prévues en décembre.
Ce référendum intervient moins d’un an après la prise de pouvoir par des militaires lors d’un coup d’État, la veille de la proclamation des résultats de l’élection présidentielle.
Selon le projet de constitution, le président aurait le pouvoir de nommer et de révoquer le Premier ministre et le gouvernement, de créer ou de supprimer des ministères et de présider le Conseil des ministres. Il pourrait également dissoudre le Parlement en cas de crise politique grave et destituer le gouvernement dans certaines circonstances.
La réforme réduirait également le nombre de sièges au Parlement de 102 à 65 et le nombre de circonscriptions électorales de 29 à 12.
Les partisans du projet estiment qu’il pourrait remodeler les institutions politiques du pays, tandis que ses détracteurs craignent une concentration excessive de pouvoir entre les mains de la présidence.
Manuel Nobre de Barros, professeur à l’Université Lusofona de Guinée-Bissau, a déclaré que les réformes modifieraient fondamentalement l’équilibre entre le pouvoir exécutif et le pouvoir législatif, arguant qu’elles pourraient conférer au président un pouvoir quasi illimité.
Le projet de constitution introduirait également une nouvelle condition pour les candidats à la présidence : résider de manière permanente en Guinée-Bissau pendant les cinq années précédentes.
Le référendum est prévu le 30 août, suivi des élections générales en décembre. Ce scrutin est donc suivi de près, la Guinée-Bissau tentant de passer d’un régime militaire à un gouvernement élu, tout en s’interrogeant sur la question de savoir si les modifications constitutionnelles proposées renforceront les institutions ou concentreront le pouvoir entre les mains du sommet.




