Le Ghana appelle la communauté internationale à soutenir, aux Nations Unies, un projet de résolution visant à reconnaître la traite transatlantique des esclaves comme le crime le plus grave contre l’humanité. Cette démarche a pour objectif de renforcer les discussions en cours sur les réparations et la responsabilité historique.
Avant le dépôt de la proposition, le Représentant permanent du Ghana, Samuel Yao Kumah, a exhorté les États membres à considérer cette résolution comme un pas vers la reconnaissance de l’ampleur et des conséquences durables de l’un des systèmes les plus dévastateurs de l’histoire.
M. Kumah a répondu aux inquiétudes selon lesquelles une telle formulation pourrait être interprétée comme une hiérarchisation des atrocités. Il a rejeté cette interprétation, expliquant que la résolution ne vise pas à comparer les souffrances ni à établir une hiérarchie juridique entre les crimes contre l’humanité. Elle cherche plutôt à identifier un système historique qui a remodelé le monde moderne et continue d’alimenter les inégalités mondiales.
Il a souligné que des atrocités telles que le génocide, l’apartheid et les violences coloniales demeurent clairement condamnées par le droit international. L’accent est mis, a-t-il précisé, sur la reconnaissance plutôt que sur la comparaison.
Pour le Ghana, cette résolution représente un effort pour faire face à l’histoire avec honnêteté, tout en contribuant à jeter les bases de discussions plus larges sur la justice et les mesures réparatrices.
M. Kumah a également souligné que soutenir cette résolution ne devait pas être perçu comme un acte d’accusation, mais comme une responsabilité partagée. Reconnaître le passé, a-t-il déclaré, témoigne d’un engagement envers la dignité, l’égalité et la vérité.
Entre 1501 et 1867, plus de 13 millions d’Africains ont été déportés de force à travers l’Atlantique, arrachés à leurs foyers, à leurs familles et à leur avenir. Les conséquences de cette histoire continuent de façonner le monde d’aujourd’hui.




