Une organisation internationale de défense des droits de l’homme a condamné samedi la suspension par le Niger de neuf médias français, accusés de « menacer l’ordre public et la sécurité nationale ».
Reporters sans frontières a qualifié ces accusations de « fabriquées de toutes pièces » dans une publication sur X. L’organisation a dénoncé une « stratégie concertée de répression de la liberté de la presse » et a demandé l’annulation de cette décision.
Cependant, cette interdiction semble avoir trouvé un écho favorable auprès de certains Nigériens.
Selon Hima Yayé Ismaël, un militant, certains médias français participent à la « guerre médiatique contre le Niger » menée par des « impérialistes », a-t-il déclaré à Africanews sans donner plus de précisions.
« Nous constatons aujourd’hui la présence d’un nombre significatif de médias panafricains qui continuent de diffuser une information fiable – une information qui nous permet de croire qu’en Afrique, il est bel et bien possible d’accéder à une information authentique », a-t-il ajouté.
L’Observatoire national de la communication (ONC), l’autorité de régulation des médias du Niger, a déclaré vendredi soir dans un communiqué que la suspension de France 24, RFI, France Afrique Média, LSI Africa, AFP, TV5 Monde, TF1 Info, Jeune Afrique et Mediapart était nécessaire pour « préserver la paix, la cohésion sociale et la stabilité des institutions ».
L’ONC a accusé les médias concernés de « diffuser de manière répétée des contenus susceptibles de mettre gravement en danger l’ordre public » et de saper le moral des forces de défense et de sécurité opérant dans la région.
Le Niger, tout comme ses voisins le Mali et le Burkina Faso, est dirigé par des juntes militaires qui ont pris le pouvoir par la force, promettant d’améliorer la sécurité des citoyens.
Depuis leur prise de pouvoir, les juntes ont créé leur propre alliance sécuritaire et se sont tournées vers la Russie pour obtenir un soutien militaire afin de lutter contre les insurrections extrémistes.
La situation sécuritaire au Mali, au Niger et au Burkina Faso s’est dégradée ces derniers temps, selon les analystes, avec un nombre record d’attaques perpétrées par des extrémistes islamistes.
En janvier, des militants islamistes ont attaqué une base aérienne à Niger, la capitale, tuant quatre soldats. Le chef militaire du Niger, le général Abdourahamane Tchiani, a accusé les présidents de la France, du Bénin et de la Côte d’Ivoire de soutenir le groupe armé responsable de l’attaque, sans fournir la moindre preuve à l’appui de ses accusations.




