Le président français Emmanuel Macron a entamé dimanche une visite au Kenya, en amont du Sommet Africa Forward, une rencontre destinée à présenter la nouvelle politique française pour le continent. Ce sommet marque un tournant, passant d’une position dominante d’ancienne puissance coloniale à ce que Paris qualifie de partenariat d’égaux.
Organisé pour la première fois dans un pays anglophone, ce sommet devrait susciter des réactions au retrait des troupes françaises d’Afrique de l’Ouest, achevé l’an dernier, dans un contexte de déclin de l’influence régionale de la France ces dernières années.
Depuis l’indépendance des anciennes colonies françaises africaines, la France a maintenu une politique d’influence économique, politique et militaire, baptisée Françafrique, qui impliquait notamment le maintien de milliers de soldats dans la région.
Mais les dirigeants de ces pays – ainsi que des figures de l’opposition – ont souvent critiqué la France pour ce qu’ils ont décrit comme une approche humiliante et autoritaire du continent.
Le président kényan William Ruto, hôte de Macron, a déclaré que les deux dirigeants s’attendent à ce que ce sommet constitue un « tournant » vers un partenariat plus solide.
Macron a commenté l’évolution du paysage géopolitique, affirmant que la France peut être en désaccord avec les gouvernements ouest-africains, mais qu’elle n’est « jamais en désaccord avec les peuples ».
Le sommet de deux jours, qui débute lundi, devrait accueillir 30 chefs d’État. Dix sont déjà arrivés.
Le chef de l’opposition kényane, Kalonzo Musyoka, a fustigé le choix du Kenya comme pays hôte, le décrivant comme un pays où la démocratie reste menacée, l’opposition est attaquée et les droits de l’homme sont bafoués, alors même que le pays se prépare aux élections générales de 2027.
« On aura l’impression que nous sommes une nation unie », a déclaré Musyoka. « Nous savons que c’est loin d’être la vérité. »
Dimanche, Ruto a déclaré que Nairobi cherchait à développer un large éventail de relations et ne se tournait « ni vers l’Est ni vers l’Ouest », mais « vers l’avenir ».
Toujours dimanche, le Kenya et la France ont signé 11 accords portant sur des investissements dans divers secteurs, notamment une centrale nucléaire ambitieuse, la modernisation des transports et l’agriculture durable.
Macron a déclaré que ces investissements visaient à renforcer le « capital humain », conformément à l’objectif du sommet, axé sur l’innovation et la croissance démographique des jeunes en Afrique.
Il s’agit de la deuxième visite d’un président français dans ce pays d’Afrique de l’Est.




