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Les coopératives comme pilier des stratégies de développement local en Afrique

Écrit par: Dr Magdi M. M. Adam | Traduit de l’arabe par : Sidi-M. OUEDRAOGO

août 9, 2026
dans Analyse, Économie
Les coopératives comme pilier des stratégies de développement local en Afrique

Les coopératives comme pilier des stratégies de développement local en Afrique

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Longtemps reléguées au second plan par des modèles économiques centralisés ou ultra-libéraux, les coopératives incarnent une « quatrième voie » de développement, délibérément ignorée par les grandes institutions financières internationales. Pourtant, face à l’échec croissant des politiques néolibérales à répondre aux besoins fondamentaux des populations d’Afrique subsaharienne, ces organisations connaissent un regain d’intérêt. En effet, depuis la chute du bloc soviétique, l’Occident a imposé des programmes de développement qui, en ignorant systématiquement les solutions locales, ont souvent aggravé les dépendances structurelles.

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Les coopératives, lorsqu’elles sont sainement gouvernées, constituent aujourd’hui une pierre angulaire des stratégies de développement local. Par leurs méthodes participatives, elles permettent aux groupes défavorisés et marginalisés de renforcer leur résilience face aux chocs économiques et sanitaires, tout en favorisant une autonomie réelle. Historiquement associées à la lutte contre la pauvreté et à la sécurité alimentaire, elles jouent également un rôle clé dans l’organisation de la production et l’accès aux marchés, réduisant par là même la dépendance aux acteurs étrangers et consolidant la souveraineté économique des territoires.

Cet article propose une analyse approfondie du phénomène coopératif en Afrique subsaharienne, en déclinant ses fondements conceptuels, son potentiel unique, les obstacles rencontrés et ses perspectives d’avenir, à travers quatre axes principaux :

  1. Approche et concept des coopératives, Une structure hybride, ni étatique ni capitaliste, régie par le principe démocratique « une personne, une voix ».
  2. La coopération philanthropique en Afrique et son potentiel distinctif, une tradition revisitée à l’aune des besoins contemporains.
  3. Les coopératives comme vecteur clair de développement en Afrique subsaharienne – Leur rôle dans l’autonomisation locale et la réduction des vulnérabilités.
  4. Défis et perspectives du travail coopératif dans la région, Gouvernance, financement, formation et insertion dans les chaînes de valeur.

Première partie : Coopératives : fondements et cadre conceptuel

Les coopératives se distinguent fondamentalement des autres formes d’organisation sociale par leur gouvernance et leur finalité. Elles sont définies comme des groupements primaires de personnes gérant collectivement leurs intérêts économiques selon des principes démocratiques, où chaque membre dispose d’une voix, indépendamment de sa part dans le capital social, soit le principe fondateur : une personne, une voix.

Le précurseur de ce mouvement, Robert Owen (1771-1858), a posé les jalons d’une économie sociale et solidaire avant l’heure. C’est toutefois le 15 août 1844 que la première coopérative moderne vit le jour à Rochdale, en Angleterre, sous l’impulsion de 28 travailleurs (dont une femme) réunissant un capital de 28 livres sterling. Les « principes de Rochdale », qui en ont découlé, ont essaimé à travers le monde, devenant la matrice d’un modèle universel.

Contrairement à l’entreprise privée, mue par la recherche du profit, ou aux projets gouvernementaux, souvent normatifs et descendants, l’approche coopérative est guidée par la satisfaction de besoins partagés, ceux du consommateur comme ceux du producteur, dans une logique d’utilisation rationnelle des ressources. Elle permet ainsi de répondre à davantage de besoins avec des moyens limités. Ce faisant, elle incarne une promesse développementaliste d’autant plus précieuse qu’elle peut s’adapter à des contextes de très faible densité économique, là où l’État n’a pas les moyens d’intervenir et où le secteur privé, par manque de rentabilité, se retire.

De plus, l’approche coopérative est celle qui se rapproche le plus du développement durable. Une coopérative repose sur la mise en commun de petits efforts et de capitaux limités au sein d’une grande entité coopérative qui utilise ces efforts et ces fonds sans renoncer à la propriété privée. Ceci permet de bénéficier des avantages de la production à grande échelle et des économies d’échelle malgré de faibles contributions, éliminant ainsi le besoin d’épargner suffisamment pour créer des coopératives. Puisque les coopératives sont fondées sur une approche de satisfaction des besoins, elles se concentrent initialement sur l’accumulation de capital humain. Par conséquent, l’éducation et la formation sont des principes coopératifs fondamentaux, fournissant aux individus l’un des atouts humains les plus précieux : le savoir. La satisfaction des besoins, qui conduit à une utilisation rationnelle des ressources, augmente le revenu réel des individus, constituant ainsi le deuxième volet du développement humain. Un revenu plus élevé permet également d’accroître les dépenses de santé, ce qui représente le troisième volet de ce développement.

En outre, ce modèle préserve l’environnement et respecte les droits des générations futures aux ressources et au développement rural. Selon ce modèle de développement coopératif, contrairement à d’autres associations, les membres contribuent par leurs efforts et leurs ressources financières, et le développement se réalise ainsi à partir de la base, grâce aux projets que ces coopératives jugent nécessaires. Ces projets débutent par ceux qui génèrent des revenus (coopératives agricoles, coopératives d’artisans et de pêcheurs, et coopératives de femmes), ceux qui permettent la consommation (coopératives de biens et services, et coopératives d’habitation), ou ceux qui dispensent des connaissances et des compétences (associations de services éducatifs). Ils favorisent également le développement politique en instaurant la démocratie au sein des différentes unités de la structure coopérative.

Selon l’Alliance coopérative internationale : « Les coopératives sont centrées sur les personnes, détenues collectivement, gérées démocratiquement et administrées par leurs membres afin de répondre à leurs besoins et aspirations économiques, sociaux et culturels communs. En tant qu’organisations fondées sur des valeurs et des principes, elles promeuvent la justice et l’égalité, permettant aux individus de créer des entreprises durables qui génèrent des emplois à long terme et contribuent à la prospérité. »

L’Alliance définit une coopérative comme « une association indépendante d’individus volontairement unis pour répondre à leurs besoins et aspirations sociaux, économiques et culturels communs par le biais d’une entreprise détenue collectivement et gérée démocratiquement. » [2] Une coopérative se distingue d’un organisme social professionnel, dont la mission est de défendre les intérêts de ses membres, ou d’une association de développement communautaire, dont les activités sont similaires à celles d’un groupe de pression.

Une caractéristique essentielle d’une coopérative est l’engagement mutuel de chaque membre. Chaque membre est responsable du maintien de son identité indépendante en tant qu’association de personnes exerçant une activité privée à but purement économique. [3]

Le terme « fonds » désigne une entité créée par au moins trois acteurs indépendants, dont au moins un philanthrope ou une organisation caritative. Ces fonds poursuivent une vision et une stratégie communes pour générer un impact social, en mutualisant leurs ressources et en s’appuyant sur des mécanismes de gouvernance préétablis. Souvent, outre l’octroi de subventions, les fonds coopératifs s’emploient à renforcer les capacités et les réseaux des bénéficiaires, ce qui profite au secteur et à l’écosystème dans son ensemble. Alternative plus sophistiquée à la philanthropie traditionnelle, les fonds coopératifs excellent généralement dans l’allocation des ressources aux acteurs locaux (ceux qui possèdent une expérience et une connaissance approfondie du terrain) et aux communautés locales.

Face à l’accumulation de preuves démontrant l’efficacité et la participation accrues des coopératives, leur attrait grandissant s’explique par une prise de conscience croissante, au sein du secteur philanthropique, du pouvoir de la proximité et de la confiance envers les acteurs les plus proches du problème pour concevoir et mettre en œuvre des solutions à fort impact. [4] Les coopératives sont gérées par les producteurs, les utilisateurs ou les travailleurs selon le principe « un membre, une voix ». Ce sont des organisations communautaires, gérées de manière participative, où les membres sont à la fois contributeurs et bénéficiaires. Contrairement aux organisations caritatives, les coopératives reposent sur la dignité, l’entraide et la durabilité. Elles réussissent là où les organisations caritatives échouent et se caractérisent par :

  • Propriété et participation : Les coopératives sont gérées par et pour leurs membres. Partage des bénéfices et inclusion économique : Les excédents sont réinvestis ou partagés entre les membres.
  • Résilience : Les coopératives s’adaptent aux conditions locales, s’alignent sur la culture locale et résistent aux manipulations politiques.
  • Développement des compétences et création d’emplois : Elles créent des économies internes, des chaînes de valeur et des opportunités d’emploi.
  • Transparence et responsabilité : Les membres disposent de droits de vote et de contrôle.
  • Approbation de l’ONU : Les coopératives sont officiellement reconnues pour leur contribution au développement durable.

Dans son rapport de 2010 intitulé « Les coopératives au service du développement social », l’Assemblée générale des Nations Unies affirme : « Les coopératives ont démontré leur efficacité pour réduire la pauvreté, créer des emplois et favoriser l’inclusion sociale ».  (Résolution 64/136, 2010). En 2012, l’ONU a proclamé l’Année internationale des coopératives, reconnaissant ainsi leur contribution au « développement social et économique, et notamment à la réduction de la pauvreté, à la création d’emplois et à l’inclusion sociale » [5].

Deuxièmement : La coopération philanthropique en Afrique et son potentiel unique

Au cours des deux dernières décennies, la coopération philanthropique a connu une croissance constante en Afrique, les donateurs étant de plus en plus conscients de la nécessité de collaborer à la réalisation d’objectifs communs. Aujourd’hui, des donateurs africains et non africains participent à plus de 130 projets de coopération, pour la plupart multilatéraux, impliquant un ensemble de gouvernements, d’entreprises et d’organisations à but non lucratif. L’intérêt croissant pour la collaboration témoigne du potentiel d’impact accru lorsque les bailleurs de fonds mettent en commun leurs ressources de manière novatrice pour s’attaquer aux problèmes liés à l’éducation, la santé, le climat, le développement, et bien d’autres.

Sur les 131 projets de collaboration philanthropique, 73 se concentrent exclusivement sur l’Afrique, et tous, sauf trois, ont été mis en place depuis 2000. On les désigne sous l’appellation de « collaborations africaines ». De manière significative, les bailleurs de fonds africains – dont le siège social se trouve sur le continent – ​​privilégient les projets de collaboration africains, dont les budgets sont en moyenne bien inférieurs à ceux des collaborations internationales : 60 % des projets de collaboration africains disposent d’un budget inférieur à 10 millions de dollars, tandis que 70 % des projets de collaboration internationale ont un budget annuel supérieur à 10 millions de dollars.

La collaboration s’inscrit dans un continuum de coordination, allant de la communication informelle et du partage de connaissances aux initiatives formelles de levée de fonds et de création de partenariats pour atteindre des résultats précis. Par conséquent, ces projets sont affinés en identifiant ceux qui sont co-créés par au moins trois acteurs indépendants, dont au moins une organisation caritative, et qui visent à réaliser une vision et une stratégie communes d’impact social grâce à des ressources partagées et des mécanismes de gouvernance prédéfinis. Ces partenariats sont appelés « projets collaboratifs ».

Cette définition s’applique à 41 projets collaboratifs africains et à 34 projets collaboratifs mondiaux, ce qui représente 75 projets collaboratifs formels et structurés. Huit des 41 projets collaboratifs africains sont financés exclusivement par des sources africaines, douze dépendent entièrement de bailleurs de fonds non africains et les autres reçoivent des financements provenant à la fois de sources africaines et non africaines.

Quelle que soit la source de financement, les projets collaboratifs africains partagent d’importantes caractéristiques opérationnelles. Surtout, nombre d’entre eux cherchent à collaborer avec les gouvernements en tant que partenaires stratégiques.

À l’avenir, tout porte à croire que la collaboration se développera considérablement, notamment parce que les gouvernements africains accueillent favorablement les partenariats philanthropiques. De plus, le nombre de philanthropes africains augmente parallèlement à la croissance de la richesse sur le continent.

L’Afrique compte aujourd’hui 23 milliardaires et 138 000 millionnaires, et ce dernier chiffre devrait augmenter de 42 % au cours de la prochaine décennie. Si la collaboration entre les donateurs africains est susceptible de continuer à croître en nombre et en ambition, sa réalisation nécessitera des efforts concertés de la part de toutes les parties prenantes.

Troisièmement : Les coopératives en Afrique subsaharienne…une voie claire vers le développement

L’Alliance coopérative internationale indique que les coopératives emploient plus de 280 millions de personnes dans le monde, soit 10 % de l’emploi mondial. Au Kenya, elles desservent plus de 63 % de la population et contribuent à hauteur de 43 % au PIB. En Éthiopie, elles soutiennent plus de 11 millions d’agriculteurs en matière de production et d’accès aux marchés, et au Nigéria, elles interviennent dans les secteurs du logement, de l’épargne et de l’agriculture. [6]

Le Kenya est l’un des pays possédant la plus longue tradition de développement coopératif, caractérisée par une forte croissance et une contribution significative à la macroéconomie nationale depuis son indépendance. En 2009, 80 % de la population kényane tirait ses revenus, directement ou indirectement, d’activités coopératives. Au moins 40 % des ménages africains sont membres de sociétés coopératives. Ainsi, le mouvement coopératif, considéré dans son ensemble, est la plus importante organisation non gouvernementale d’Afrique.

Les coopératives jouent un rôle essentiel dans de nombreuses économies nationales et ont créé un nombre important d’emplois indépendants. Une étude de l’Organisation internationale du travail (OIT) de 1997 estimait que le secteur coopératif dans 15 pays africains était responsable d’environ 160 000 emplois directs.

Les coopératives créent des emplois de trois manières : elles offrent des emplois salariés directs aux personnes travaillant dans les coopératives primaires et secondaires ; elles permettent à leurs membres de travailler à leur compte, leur assurant ainsi un revenu décent grâce à leur participation aux activités économiques ; et elles créent indirectement des emplois par effet d’entraînement, touchant même les non-membres qui génèrent des revenus grâce aux transactions et aux opportunités qu’elles offrent. [7]

Les coopératives contribuent de multiples façons aux moyens de subsistance des communautés rurales. Elles visent à permettre aux individus de se regrouper et de mettre en commun leurs ressources pour atteindre un objectif commun, difficilement réalisable individuellement. La coopération se développe souvent lorsque des facteurs externes menacent un certain nombre d’individus ; elle constitue donc le meilleur moyen de se prémunir contre la détérioration des conditions socio-économiques affectant une partie de la population.

Les coopératives apparaissent lorsque le marché ne parvient pas à fournir les biens et services essentiels à des prix raisonnables et d’une qualité acceptable. Leur objectif principal est de renforcer le pouvoir de négociation de leurs membres, en les aidant à maintenir leur accès aux marchés concurrentiels et à tirer profit des nouvelles opportunités commerciales.

La plupart des coopératives rurales, notamment celles créées suite aux politiques gouvernementales dans les pays en développement, ont cherché à réduire le fossé existant entre les zones rurales et urbaines. Cela reflète la volonté des coopératives rurales de corriger l’héritage colonial du dualisme économique. Étant donné que la plupart des pays les moins avancés sont des sociétés agraires, de nombreuses communautés rurales en Afrique se trouvent dans l’obligation d’accroître leur productivité agricole grâce aux coopératives.

Au Zimbabwe, le gouvernement et les ONG ont promu les coopératives rurales au début des années 1980. L’objectif de la création de ces coopératives était d’aider les populations à faire face aux défis économiques, sociaux et environnementaux. De plus, grâce à la mise en place de coopératives rurales, la plupart des gouvernements africains ont pu introduire de nouvelles technologies agricoles et de commercialisation auprès des agriculteurs ruraux.

À cet égard, des services de vulgarisation agricole et des services coopératifs plus efficaces sont devenus plus accessibles et moins coûteux pour les agriculteurs ruraux. Les coopératives ont également servi de moyen de transmission et de discussion des informations agricoles. Il est à noter que la plupart des agriculteurs ont formé des coopératives afin d’accroître leurs profits en obtenant des intrants et des services à moindre coût.

Ces coopératives leur ont également permis de commercialiser leurs produits à de meilleurs prix et sur de nouveaux marchés qui leur étaient auparavant inaccessibles. De plus, elles ont aidé les agriculteurs ruraux à acquérir des machines et des technologies agricoles de pointe. Ces coopératives rurales peuvent ainsi réaliser des économies d’échelle, car la collaboration à plus grande échelle est avantageuse.  [8]

Le taux d’épargne marginal des populations pauvres, considéré dans son ensemble, est loin d’être négligeable. Ce volume substantiel d’épargne, détenu par les populations pauvres qui constituent généralement le groupe cible des coopératives de crédit, peut être encouragé et mobilisé efficacement au profit des individus en promouvant l’expansion agricole, en soutenant les coopératives et en dynamisant l’économie dans son ensemble. [9]

L’Alliance coopérative du Kenya (CAK) est l’organisation nationale qui chapeaute le mouvement coopératif au Kenya. Elle regroupe plus de 25 000 coopératives enregistrées, comptant plus de 14 millions de membres individuels et une épargne totale dépassant 250 milliards de shillings kenyans, soit 30 % de l’épargne nationale. Le secteur emploie plus de 555 000 personnes. [10] Le Conseil mondial des coopératives de crédit (WOCCU) a débuté ses activités en 1980 à Nairobi et les a poursuivies de 1997 à 2017 avec le Mouvement coopératif d’épargne et de crédit du Kenya (SACCO) dans les domaines du développement agricole, des solutions technologiques et de l’inclusion financière.

IRNetCup Kenya, un projet pilote à but lucratif de la WOCCU, a été créé pour aider les coopératives d’épargne et de crédit à développer et à mettre en œuvre de nouvelles technologies, de nouveaux produits et de nouveaux services afin d’atteindre les populations mal desservies. Il appartient désormais entièrement à la Fédération kényane des sociétés coopératives d’épargne et de crédit (KUSCCO), dont les membres comprennent des associations professionnelles, des sociétés de crédit et des fédérations/coopératives d’épargne et de crédit d’Afrique de l’Est, notamment du Kenya, du Rwanda, de la Tanzanie, de l’Ouganda et de l’Éthiopie. Des projets de développement sont mis en œuvre dans la région depuis le début des années 1980. Voici un résumé des réalisations les plus importantes de ces projets : [11] [12]

Amélioration des revenus des petits producteurs ruraux grâce à un accès intégré aux services financiers et aux marchés agricoles.

Un programme de renforcement des capacités pour les associations coopératives d’épargne et de crédit.

Atténuation de l’impact du VIH/SIDA sur la croissance économique par la modernisation des coopératives de crédit.

Accès aux services financiers pour les populations pauvres grâce à la technologie.

Soutien aux familles d’agriculteurs : lutte contre la faim grâce à de meilleurs rendements agricoles. Soutien aux familles d’éleveurs : Renforcement du secteur de l’élevage au Kenya.

Soutien à la région : Investissement dans les communautés locales pour favoriser leur autonomie.

Quatrièmement : Les défis auxquels est confronté le travail des coopératives en Afrique aux côtés du désert et leurs perspectives

Les coopératives en Afrique sont un moteur clé du développement local, en particulier dans l’agriculture et les économies rurales. Cependant, sa croissance se heurte à des obstacles majeurs représentés par un financement insuffisant, une gouvernance faible et de fortes pressions extérieures sur les marchés. Malgré ces défis, la transformation numérique, l’intégration de la chaîne de valeur et le soutien du gouvernement offrent des voies prometteuses pour atteindre la durabilité à l’avenir. [13] Les plus importants de ces défis sont :

1-Restrictions financières: Les coopératives ont souvent des difficultés à obtenir des prêts bonifiés ou à satisfaire aux exigences strictes de garantie des banques. Cela limite leur capacité à investir dans des équipements modernes ou à étendre leurs opérations.

En Afrique subsaharienne, la Banque mondiale a estimé en 2016 qu’environ 82 % des personnes considérées comme extrêmement pauvres vivent dans des zones rurales, 76 % travaillent dans l’agriculture (contre 65 % à l’échelle mondiale) et 41 % n’ont aucune éducation formelle.

L’inclusion financière des coopératives agricoles et des PME en Afrique est cruciale pour améliorer les conditions de vie des groupes les plus vulnérables, mais elle reste sous-financée pour répondre aux besoins et aux défis existants.

Pour soutenir une transition juste, la Banque africaine de développement estime le besoin de financement à 2 700 milliards de dollars d’ici 2030, soit près de 400 milliards de dollars par an, alors que seulement 300 milliards de dollars par an ont été engagés lors de la Conférence des parties (COP) tenue à Bakou, en Azerbaïdjan, fin novembre 2024.

Le nombre de petites et moyennes entreprises agricoles dans la région est estimé à environ 130 000 et leurs besoins d’investissement annuels s’élèvent à 90 milliards de dollars. Ces entreprises comprennent des micros, petites et moyennes entreprises opérant dans les domaines de la fabrication, du transport et de l’entreposage (à l’exclusion des coopératives agricoles). Actuellement, seulement 15,5 milliards de dollars sont alloués annuellement à ces entités. Les banques commerciales restent la principale source de financement (66%), et le volume de leurs financements est estimé à environ 10 milliards de dollars par an, ce qui ne représente que 11% des besoins totaux.

Outre les PME, le secteur agricole primaire est constitué de petits agriculteurs indépendants ou organisés en diverses organisations agricoles, telles que des coopératives ou des groupements d’agriculteurs.

Les petites exploitations représentent plus de 80 % des exploitations agricoles mondiales et constituent un élément clé de la transformation agricole, notamment pour parvenir à une transition juste. Environ deux milliards de personnes vivent dans environ 500 millions de petites exploitations agricoles qui constituent l’épine dorsale des chaînes de valeur mondiales et produisent 80 % des aliments consommés en Asie et en Afrique subsaharienne.

Pour les petits agriculteurs, la demande non satisfaite de services financiers est estimée à 170 milliards de dollars par an. Quant aux besoins de financement à long terme, 98% d’entre eux ne sont pas satisfaits. En moyenne, les prêts accordés par les organismes agricoles s’élèvent à 13 000 $ pour 12 mois, et seulement 13 % d’entre eux reçoivent des prêts de plus de 70 000 $. [14]

2-Gouvernance et gestion :De nombreuses coopératives souffrent de faiblesses dans leurs contrôles internes, de corruption et d’un manque de personnel qualifié et professionnel. Une mauvaise gestion érode souvent la confiance et la participation des membres. Malgré cela, des opportunités importantes existent pour la croissance des coopératives, telles qu’un cadre juridique solide, le soutien des fédérations coopératives, une attitude positive des membres envers les coopératives et une participation accrue des femmes aux postes de direction.

Cependant, les coopératives sont confrontées à de nombreux défis, notamment : un manque de sentiment d’appartenance , l’absence de système de suivi et de contrôle pour les membres , un faible engagement , une faible sensibilisation des membres aux coopératives , une faible participation des membres , un manque de confiance ,l’incapacité des comités de gestion à défendre les intérêts des membres , une connaissance limitée des statuts, des règles et du règlement intérieur par les comités de gestion ; des possibilités de formation limitées ; un soutien et un suivi professionnels insuffisants ; et une incapacité à tirer des enseignements des expériences d’autres coopératives exemplaires.

Parmi les autres défis figurent des efforts insuffisants pour renforcer les politiques, les stratégies, les communications, les règles et les règlements des coopératives, un manque d’engagement à identifier et à résoudre les problèmes des coopératives ; et une incapacité à organiser et à fournir des informations suffisantes, de qualité et opportunes sur les coopératives. Il serait plus facile de surmonter les difficultés mentionnées ci-dessus si des spécialistes qualifiés du secteur coopératif étaient invités à le diriger. La formation des gestionnaires et l’éducation des membres, adaptées à leurs besoins spécifiques, constituent un autre aspect important des coopératives. [15]

3 – Accès au marché: Les petites coopératives rencontrent des difficultés d’accès aux chaînes de valeur supérieures et aux marchés d’exportation rentables en raison d’infrastructures de stockage inadéquates et de la concurrence des grandes entreprises privées. [16]

4 – Politiques et bureaucratie: L’intervention incohérente des pouvoirs publics et les procédures d’enregistrement ou de réglementation excessives peuvent entraver l’autonomie et l’efficacité opérationnelle des coopératives. [17]

En relevant ces défis grâce à des solutions innovantes, en tirant parti des technologies et en garantissant une représentation inclusive, les coopératives peuvent contribuer significativement à la réduction de la pauvreté et au renforcement de la résilience communautaire. Plus précisément, les sous-coopératives et les infrastructures partagées peuvent jouer un rôle essentiel en fournissant des capitaux aux secteurs de l’économie réelle. [18] Par conséquent :

Il est nécessaire d’explorer le potentiel des coopératives polyvalentes pour répondre aux divers besoins des communautés marginalisées et défavorisées.

L’implication des jeunes et des femmes contribuera à libérer l’innovation et à faire du mouvement coopératif un acteur clé des économies en pleine mutation.

Les technologies et la numérisation seront des catalyseurs, mais elles doivent être alignées sur les priorités institutionnelles et locales de changement.

Il est recommandé que le gouvernement et le secteur bancaire apportent un soutien financier aux coopératives en milieu rural afin de leur permettre de développer et de diversifier leurs activités, tout en assurant une formation continue en leadership et en gestion à leurs membres. De plus, les coopératives, notamment celles du secteur agricole, devraient créer des associations de producteurs pour faciliter la commercialisation de leurs produits. Enfin, les recherches futures devraient s’attacher à examiner les obstacles à la croissance du mouvement coopératif en milieu rural. [19]

Conclusion

Les coopératives présentent un potentiel considérable pour stimuler une croissance économique inclusive, renforcer la participation communautaire et améliorer les conditions de vie dans les zones marginalisées. Toutefois, leur succès est souvent entravé par des problèmes de gouvernance interne, un soutien financier insuffisant, un accès limité aux marchés et une implication gouvernementale inégale. Ceci souligne l’importance d’interventions politiques ciblées, d’un soutien institutionnel solide et d’initiatives de renforcement des capacités pour améliorer la performance et la pérennité des coopératives.

Les mesures stratégiques proposées comprennent le renforcement de la gouvernance coopérative, l’amélioration de l’accès au crédit et à l’assistance technique, une meilleure intégration aux chaînes de valeur et la promotion de partenariats quadripartites : gouvernement, secteur privé, secteur philanthropique et coopératives.

Le mouvement coopératif demeure une pierre angulaire du développement économique africain, capable de s’adapter aux nouveaux défis et de saisir les opportunités émergentes. Avec le soutien continu du gouvernement, des partenaires au développement et du secteur financier, les coopératives peuvent jouer un rôle essentiel dans la croissance et le développement durable.

_______________________________________

Notes et marges 

[1]جمعية المواريد للتنمية المحلية، التعاونيات والفرق بينها وبين أشكال العمل الجمعوي وبين النقابات والجمعيات والمؤسسات الأهلية والشركات، 14/7/2021. متاح على الرابط:  https://www.lamouarid.com/2021/07/blog-post_50.html

[2] The International Cooperative Alliance (ICA), 2005, What is a coop? Geneva, Switzerland, viewed 27 November 2015, from www.ica.coop/coop

[3] Mhembwe S, Dube E. The role of cooperatives in sustaining the livelihoods of rural communities: The case of rural cooperatives in Shurugwi District, Zimbabwe. Jamba. 2017 Apr 24;9(1):341. doi: 10.4102/jamba. v9i1.341. PMID: 29955330; PMCID: PMC6014090.

[4] Ntefeleng Nene, and et al, The Changing Landscape of Large-Scale Giving in Africa by Non-African Philanthropists. June 24, 2024.at: https://www.bridgespan.org/insights/the-changing-landscape-of-large-scale-giving-in-africa-by-non-african-philanthropists

[5] Charleson Otubu, The Vicious Circle of Dependency.13/5/2025.at: https://www.ensign.coop/why-charity-will-never-end-poverty-in-africa/

[6] Charleson Otubu, The Vicious Circle of Dependency.13/5/2025.at: https://www.ensign.coop/why-charity-will-never-end-poverty-in-africa/

[7] Mhembwe S, Dube E. Op.cit.

[8] Mhembwe S, Dube E. Op.cit.

[9] Brai M.A, and et al, Challenges and Prospects of Agricultural Cooperative

Societies in Nigeria.at: https://casirmediapublishing.com/wp-content/uploads/2019/10/Pages-14-22.pdf

[10] https://www.cak.coop/

[11] https://www.woccu.org/global_programs/projects/kenya

[12] https://www.acdivoca.org/regions/kenya/

[13] Hloniphile C. Zwane and Mduduzi Mzanywa, Evaluating the prospects and challenges of cooperative organizations in rural community development in South Africa.at: https://www.journal.eu-jr.eu/social/article/view/3805

[14] https://ksapa.org/financial-inclusion-of-agricultural-cooperatives-smes-in-africa/

[15] Abebaw Yenesew Dejen Debeb, Challenges and Prospects of Cooperatives in Ethiopia with

Reference Sough Gondar Zone- Ethiopia.at : https://pdfs.semanticscholar.org/9296/1642ecd6c9aead01a4a40070bf0b5e0620cc.pdf

[16] bebaw Yenesew Dejen Debeb, Challenges and Prospects of Cooperatives in Ethiopia with

Reference Sough Gondar Zone- Ethiopia.at : https://pdfs.semanticscholar.org/9296/1642ecd6c9aead01a4a40070bf0b5e0620cc.pdf

[17] https://assets.publishing.service.gov.uk/media/57a08b50ed915d3cfd000c60/FAC_Policy_Brief_No31.pdf

[18] fsdkenya, The role of SACCOs and cooperatives in Kenya’s real economy: Challenges, innovations, and futurs prospects. 13/11/2024.at: https://www.fsdkenya.org/blogs-publications/the-role-of-saccos-and-cooperatives-in-kenyas-real-economy-challenges-innovations-and-future-prospects/

[19] Mhembwe S, Dube E. Op.ci

 

 

La source: Qiraat African
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novembre 9, 2025

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