Onze migrants supplémentaires, expulsés des États-Unis, sont arrivés en Eswatini dans le cadre de la vaste campagne de répression de l’immigration menée par le président Donald Trump.
Un avocat américain spécialisé en immigration et connaissant certains de ces dossiers indique que le groupe comprend au moins deux personnes bénéficiant d’une protection juridique qui, selon les associations, devrait les mettre à l’abri de l’expulsion.
Il s’agit de la dernière expulsion en date dans le cadre de l’accord sans précédent conclu par l’administration Trump sur les « pays tiers », qui a déjà conduit à l’envoi de 19 personnes en Eswatini depuis juillet 2025.
Deux d’entre elles – un Jamaïcain et un Cambodgien – ont été rapatriées, mais 17 restent détenues dans une prison de haute sécurité, sans inculpation.
On ignore encore la nationalité des 11 personnes arrivées en Eswatini mercredi.
Une source gouvernementale, s’exprimant sous couvert d’anonymat, a déclaré qu’un convoi officiel s’était rendu au principal aéroport international « pour traiter et accueillir les nouveaux expulsés américains ».
Ce petit pays, dernière monarchie absolue d’Afrique, a confirmé l’an dernier avoir reçu environ 5,1 millions de dollars des États-Unis pour accueillir les personnes expulsées.
Le gouvernement du roi Mswati III est accusé de violations des droits humains et Amnesty International a qualifié le programme d’expulsion d’« abusif au plus haut point ».
Le service américain de l’immigration et des douanes (ICE) n’a pas répondu à notre demande de commentaires.
Durant son second mandat, Trump a élargi le nombre de personnes pouvant être expulsées, ciblant celles bénéficiant d’une protection légale.
Sous les administrations précédentes, cette protection leur permettait de vivre et de travailler aux États-Unis par crainte de persécution dans leur pays d’origine.
Washington a fait valoir que, légalement, il lui est seulement interdit de renvoyer directement ces personnes dans leur pays.
Tandis que des pays comme l’Eswatini ont retenu la plupart des personnes expulsées par les États-Unis indéfiniment, d’autres, comme le Ghana, les ont rapidement renvoyées dans leur pays d’origine.




