Le dernier vol de rapatriement nigérian est arrivé à Lagos mardi, transportant 269 ressortissants fuyant l’Afrique du Sud.
Des groupes anti-immigration avaient fixé au 30 juin la date limite pour que tous les étrangers sans papiers quittent le territoire.
« Je suis en Afrique du Sud depuis 2017, et la menace y est trop forte », a déclaré Emmanuela Kagusu à son arrivée à Lagos. « On nous menace constamment de mort, on nous dit sans cesse de partir, Hamba, Hamba. « Hamba » signifie « partir ». Si on ne part pas, ils vont nous tuer. On n’est pas en sécurité, alors on n’a pas le choix, il faut partir. »
L’Afrique du Sud a connu une vague de manifestations et de violences anti-immigration ces dernières semaines, qui ont fait au moins quatre morts.
Mais ce n’est pas la première fois que des étrangers sont pris pour cible, explique Sandy Orace, une autre Nigériane rapatriée.
« Il y a neuf ans, si je ne me trompe pas, mon premier magasin a été saccagé par des citoyens sud-africains. Ils ont tout emporté et je me suis retrouvée sans rien. J’ai ensuite souffert pendant des années avant de pouvoir recommencer. Puis, il y a environ cinq ans, quand j’ai enfin réussi, ils sont revenus, ont saccagé ma maison, ont volé tous mes biens et ont même tenté de me tuer. J’ai alors dû fuir et m’installer ailleurs. »
Les groupes anti-migrants, composés de citoyens, accusent les migrants sans papiers d’être responsables de la hausse du chômage, de la criminalité et de la pression accrue sur les services publics.
« Cela se passe dans un autre pays, hors de notre portée », déclare l’ambassadrice Haruna Ali-Gombe, directrice des Affaires africaines au ministère nigérian des Affaires étrangères.
« Mais ce que nous pouvons faire en tant que gouvernement, c’est dialoguer avec le gouvernement sud-africain pour exprimer notre mécontentement et nos préoccupations quant au bien-être de nos citoyens. Et c’est ce que nous faisons depuis le premier jour. »
Il s’agit du troisième groupe de Nigérians à rentrer au pays ce mois-ci.
Plus de 600 Nigérians ont été rapatriés parmi le millier de personnes inscrites au programme de rapatriement volontaire. D’autres vols sont prévus dans les prochains jours.
Les rapatriés seront soumis à des formalités administratives, à un profilage et à un examen médical avant de recevoir un hébergement temporaire et d’autres formes d’assistance.
Le président sud-africain, Cyril Ramaphosa, a rejeté ce prétendu délai, affirmant que seules les autorités compétentes sont habilitées à faire appliquer la législation sur l’immigration.




