Le président sud-africain Cyril Ramaphosa est arrivé jeudi à Kinshasa dans le cadre d’une mission de solidarité de haut niveau de l’Union africaine. Cette mission vise à renforcer le soutien continental à la réponse de la République démocratique du Congo face à la récente épidémie d’Ebola. Cette visite souligne l’intensification des efforts régionaux pour contenir le virus, renforcer la coopération transfrontalière et mobiliser un soutien politique et financier.
En sa qualité de Champion de l’Union africaine pour la préparation, la prévention et la riposte aux pandémies (PPPR), M. Ramaphosa s’entretient avec le président congolais Félix Tshisekedi afin de réaffirmer le soutien collectif de l’Union africaine au gouvernement et au peuple congolais.
Selon la présidence sud-africaine, cette visite a pour objectif d’assurer un leadership politique de haut niveau pour la riposte continentale, tout en renforçant la coopération régionale et la coopération transfrontalière face à la propagation d’Ebola.
Ramaphosa est accompagné de Thandi Moraka, vice-ministre sud-africaine des Relations internationales et de la Coopération.
La riposte continentale s’intensifie
L’Union africaine indique que la mission vise à mobiliser des engagements politiques, techniques et financiers supplémentaires de la part des États membres et des partenaires internationaux afin de renforcer la riposte à Ebola.
Au-delà du confinement de l’épidémie actuelle, cette initiative vise à améliorer durablement les systèmes de santé publique africains et à renforcer la résilience du continent face aux futures pandémies.
En tant que champion de l’UA pour la prévention, la prévention et la réponse aux pandémies (PPRP), Ramaphosa est chargé d’assurer la supervision politique de la riposte à Ebola, de promouvoir la solidarité avec les pays touchés et les personnels de santé en première ligne, et de contribuer au réapprovisionnement du Fonds africain de lutte contre les épidémies.
Des millions de dollars promis pour la riposte à Ebola
Les États membres de l’Union africaine ont promis plus de 100 millions de dollars au Fonds africain de lutte contre les épidémies, tandis que les gouvernements et les partenaires au développement du monde entier se sont engagés à verser plus de 910 millions de dollars pour soutenir la riposte à Ebola.
L’Afrique du Sud a annoncé une contribution de 13,5 millions de dollars, réaffirmant ainsi l’engagement de Pretoria à renforcer la sécurité sanitaire régionale.
Une épidémie complexe
L’épidémie actuelle marque la 17e épidémie d’Ebola enregistrée en République démocratique du Congo. Le 17 mai, deux jours après la déclaration officielle de l’épidémie par les autorités congolaises, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a classé l’épidémie de la souche Bundibugyo – qui s’est depuis propagée en Ouganda – comme une urgence de santé publique de portée internationale.
L’OMS a averti que l’ampleur réelle de l’épidémie pourrait être sous-estimée en raison de son expansion géographique, des importants mouvements de population, de la fragilité des systèmes de santé, de l’insuffisance des infrastructures médicales et de l’insécurité dans les zones touchées par les conflits. L’absence de vaccin homologué ou de traitement spécifique contre la souche Bundibugyo a encore compliqué la riposte.
Les autorités appellent au calme
Malgré l’inquiétude internationale croissante, les autorités congolaises se sont efforcées de rassurer la population, affirmant que la situation reste sous contrôle.
Les responsables mettent en avant la vaste expérience du pays dans la lutte contre Ebola, soulignant que la RDC a réussi à contenir 16 épidémies précédentes grâce à des efforts coordonnés de riposte nationale et internationale. Ils affirment que les enseignements tirés de ces crises continuent d’orienter la riposte actuelle, tandis que les autorités sanitaires s’efforcent de prévenir toute nouvelle transmission.




