Une cour d’appel guinéenne a réduit la peine de prison de l’ancien Premier ministre Ibrahima Kassory Fofana pour des infractions liées à la corruption, ouvrant la voie à sa libération après plus de quatre ans de détention. Le gouvernement militaire poursuit sa campagne anticorruption.
Jeudi, la cour d’appel guinéenne a réduit la peine de prison de l’ancien Premier ministre Ibrahima Kassory Fofana de cinq ans à trois ans et neuf mois.
Le jugement a annulé sa condamnation pour détournement de fonds publics, mais a confirmé les verdicts de culpabilité pour enrichissement illicite et blanchiment d’argent. Cette peine révisée signifie que Fofana a purgé sa peine de prison, étant détenu depuis avril 2022 et ayant reçu des soins médicaux dans une clinique.
Des sanctions financières sont maintenues.
Outre la peine de prison, la chambre d’appel a ordonné à Fofana de verser trois milliards de francs guinéens (environ 340 000 dollars) à l’État et a approuvé la confiscation d’une partie de ses biens.
L’ancien Premier ministre était accusé de détournement de 15 milliards de francs guinéens alloués à la lutte contre la COVID-19 et aux programmes socio-économiques.
De Premier ministre à prisonnier
Fofana a été Premier ministre de Guinée sous la présidence d’Alpha Condé, de mai 2018 jusqu’au coup d’État militaire de septembre 2021.
Ses poursuites ont été menées par le Tribunal pour la répression des infractions économiques et financières (CRIEF), un tribunal spécial créé peu après le coup d’État pour enquêter sur la corruption et les crimes financiers.
La campagne anticorruption de la junte sous le feu des critiques
L’affaire Fofana figure parmi les poursuites les plus médiatisées engagées depuis la prise de pouvoir par l’armée. Les autorités présentent cette campagne comme une lutte contre la corruption endémique.
Cependant, des voix critiques s’élèvent pour dénoncer une répression qui s’inscrit dans un contexte d’érosion des libertés politiques sous la junte de Mamady Doumbouya, élu président pour un mandat de sept ans en décembre, lors d’un scrutin auquel ont été exclues les principales figures de l’opposition.
Les tensions politiques persistent.
Depuis son arrivée au pouvoir, le gouvernement militaire a suspendu plusieurs partis politiques, maintenu l’interdiction des manifestations instaurée en 2022 et intensifié la pression sur les dirigeants de l’opposition et les militants de la société civile.
Les organisations de défense des droits humains s’inquiètent également des arrestations, des condamnations, des exils forcés et du nombre croissant de disparitions signalées de militants de l’opposition, ce qui alimente les interrogations sur la transition politique en Guinée.




