Le scrutin du 13 août a été entaché d’allégations d’intimidation, de partialité pro-gouvernementale et de restrictions imposées à l’opposition, ternissant la réputation démocratique de ce pays riche en cuivre.
Des milliers de partisans, vêtus de rouge, couleur du parti UPND d’Hichilema, ont rempli le stade de Lusaka pour assister à sa prestation de serment, en présence de quelques dirigeants africains.
Selon les résultats officiels, le magnat de 64 ans a remporté 60 % des voix, suivi par l’ancien ministre provincial Brian Mundubile, qui a obtenu 38 %.
Hichilema est reconnu pour avoir mené la Zambie à un redressement économique majeur durant son premier mandat de cinq ans, qui a débuté en 2021.
Il a mis en œuvre des réformes favorables au marché, aboli la peine de mort et instauré la gratuité de l’enseignement primaire et secondaire.
Cependant, ses détracteurs affirment que la croissance économique ne s’est pas encore traduite par une amélioration du niveau de vie des ménages ordinaires, déjà fragilisés par l’inflation.
Plus de 70 % des 22 millions d’habitants de la Zambie vivent avec moins de trois dollars par jour, selon les données de la Banque mondiale.
On reproche également au gouvernement d’Hichilema d’avoir restreint l’espace pour la dissidence politique.
Opposition en prison
Mundubile, 55 ans, est entré dans la clandestinité après un raid des forces de sécurité à son domicile le 14 août. Ces dernières affirmaient cibler une milice présumée représentant une menace pour la sécurité nationale.
Son alliance, le NRPUP, a fermement rejeté ces accusations.
Un ancien ministre a été tué par balle lors de l’opération et 11 membres du camp de Mundubile ont été arrêtés.
Mundubile et son colistier, Makebi Zulu, se sont rendus à la police près de deux semaines plus tard. Leur avocat a confirmé ce week-end qu’ils étaient accusés de trahison, ce qu’ils nient.
Les observateurs internationaux ont critiqué ces arrestations, la suspension du dépouillement et les accusations d’intimidation portées par l’opposition avant le scrutin.
Mundubile et Zulu sont issus du Front patriotique, parti dirigé par feu Edgar Lungu, prédécesseur et rival acharné d’Hichilema.
Après sa défaite face à Lungu à l’élection présidentielle de 2016, Hichilema a été accusé de trahison pour avoir prétendument refusé de s’arrêter au passage du cortège présidentiel.
Il a passé quatre mois dans une prison de haute sécurité avant que les charges ne soient abandonnées.
Le cuivre demeure le pilier de l’économie zambienne, générant environ 70 % des recettes d’exportation. La Chine est un investisseur majeur et son principal créancier bilatéral.
Depuis son indépendance de la Grande-Bretagne en 1964 sous la présidence fondatrice de Kenneth Kaunda, la Zambie s’est forgée la réputation d’être l’une des démocraties les plus stables d’Afrique australe, avec une histoire de transitions pacifiques du pouvoir.




