Les députés de l’Assemblée nationale du Sénégal ont adopté lundi un amendement constitutionnel controversé qui renforce leurs prérogatives et réduit les pouvoirs présidentiels. Le gouvernement a annoncé qu’il serait soumis à référendum.
Cette réforme intervient dans un contexte de tensions politiques croissantes entre le président Bassirou Diomaye Faye et son ancien Premier ministre, Ousmane Sonko, destitué et élu président de l’Assemblée nationale le mois dernier.
L’opposition perçoit cette initiative, proposée par le Pastef, le parti de Sonko, comme une vengeance politique de l’ancien Premier ministre, qui conserve une influence considérable sur la majorité parlementaire.
Répondant aux appels de plusieurs partis d’opposition et d’organisations de la société civile, des manifestants se sont rassemblés devant le Parlement pour dénoncer les modifications, brandissant des pancartes et scandant « Touche pas à ma Constitution ! ». La police a fait usage de gaz lacrymogène et a interpellé plusieurs dirigeants et militants de l’opposition.
La réforme renforce les pouvoirs du Parlement, notamment en obligeant le gouvernement à l’informer des accords relatifs à l’exploitation des ressources naturelles. Le texte élargit également les pouvoirs des commissions d’enquête parlementaires.
Il propose aussi la création d’une Cour constitutionnelle en remplacement du Conseil constitutionnel actuel. Cette nouvelle cour serait composée de neuf membres, contre sept actuellement.
Parmi les autres modifications figurent l’incompatibilité des fonctions de chef de l’État et de chef de parti politique, la limitation des décisions que peut prendre le pouvoir exécutif entre l’élection présidentielle et la proclamation officielle des résultats, ainsi qu’un contrôle plus strict du pouvoir du président de dissoudre l’Assemblée nationale.
Le gouvernement a annoncé l’organisation d’un référendum sur ces modifications, sans toutefois préciser de date.




