Des milliers de personnes ont manifesté mercredi dans la capitale du Niger pour soutenir le chef d’état-major de l’armée, le général Abdourahamane Tiani, suite à une tentative de mutinerie déjouée au cours du week-end, ont rapporté des journalistes nigériens.
Ce rassemblement à Niamey intervient quelques jours après que des partisans fidèles au gouvernement militaire, avec l’aide de leurs alliés russes, ont réprimé la tentative de soulèvement. Auparavant, la capitale avait été secouée par d’intenses combats sur plusieurs sites sensibles.
Tiani, arrivé au pouvoir par un coup d’État en 2023, n’a fait aucune déclaration ni apparition publique depuis la tentative de soulèvement.
La manifestation de mercredi a rassemblé plusieurs milliers de Nigériens, dont des partisans de la junte et des ministres, sur la place de la Concertation, où des centaines de personnes s’étaient déjà rassemblées samedi, alors que les affrontements faisaient rage, pour la même raison.
Plusieurs autres rassemblements étaient prévus dans plusieurs grandes villes du pays, selon les médias officiels.
Au milieu des cris de « À bas les impérialistes ! », des drapeaux russes étaient visibles dans la foule.
Les paramilitaires moscovites de l’Africa Corps sont devenus les principaux partenaires du Niger dans la lutte contre la menace djihadiste, répandue et meurtrière, qui sévit au Sahel depuis le coup d’État.
« Nous montrerons au monde entier que le peuple nigérien est uni » et que « la trahison ne brisera pas notre détermination », a déclaré le ministre des Affaires économiques, Abdoulaye Seydou, lors du rassemblement.
Le chef d’état-major personnel du général Tiani, le général Amadou Ibro, a affirmé que les « commanditaires » de la mutinerie sont basés à l’étranger – un argument fréquemment avancé par la junte, qui justifie le coup d’État par la nécessité de restaurer la souveraineté du Niger.
La télévision d’État avait auparavant diffusé des accusations selon lesquelles la France, ancienne puissance coloniale du Niger, était à l’origine du soulèvement.
À l’instar de ses voisins sahéliens, le Burkina Faso et le Mali, également dirigés par des juntes, le Niger a tourné le dos à Paris depuis le coup d’État.
Tous trois ont cherché à resserrer leurs liens avec la Russie pour lutter contre le conflit djihadiste meurtrier qui ravage la région et qui continue de faire rage sans relâche.




