Un an après la signature à Washington d’un accord de paix négocié par les États-Unis entre la République démocratique du Congo (RDC) et le Rwanda, les habitants de l’est du Congo constatent que la situation sur le terrain n’a guère évolué.
Cet accord, signé sous la médiation du président américain Donald Trump, avait suscité l’espoir d’une stabilisation après des décennies de conflit dans cette région riche en minerais. Mais à Goma, ville stratégique toujours sous le contrôle du groupe rebelle M23, de nombreux habitants affirment que les violences persistent.
« Quand ils sont venus signer l’accord, nous étions heureux car nous pensions que la guerre allait enfin se terminer », témoigne Delphin Kulongwa, un habitant de Goma. « Mais sur le terrain, c’est tout le contraire. Nous continuons de souffrir. Ces accords n’ont absolument rien donné.»
Sa frustration est partagée par beaucoup d’habitants de la ville.
« La RDC et le Rwanda ont signé l’accord, mais depuis que nous en avons entendu parler il y a un an, rien n’a changé », déplore un autre habitant, Elysé Gisanagabo. « Ils signent ces accords et reviennent sans aucune solution concrète. »
Le conflit dans l’est de la RDC a déplacé des millions de personnes et déclenché l’une des crises humanitaires les plus graves au monde. Malgré des efforts diplomatiques répétés, les combats entre les forces gouvernementales, les rebelles du M23 et d’autres groupes armés persistent.
L’analyste politique indépendant Jacinthe Maarifa estime que le manque de confiance entre les parties demeure le principal obstacle à la mise en œuvre de l’accord.
« Sans confiance, il est très difficile pour l’une ou l’autre partie de respecter ses engagements », a déclaré M. Maarifa. « Quelques jours seulement après la signature de l’accord, les deux parties l’interprétaient déjà à leur avantage. Elles ont continué à utiliser une rhétorique incendiaire, ce qui ne contribue en rien à instaurer la confiance. »
M. Maarifa soutient également que le processus de paix a été fragilisé dès le départ.
« Des actions ont, d’une manière ou d’une autre, sapé l’accord, notamment les sanctions imposées à l’une des parties par les médiateurs », a-t-il affirmé. « Cet accord était voué à l’échec, et cela n’a pas tardé à devenir évident. Un an plus tard, la paix fait toujours défaut. »
Alors que l’est du Congo continue de lutter contre l’insécurité, les habitants disent ne plus se contenter de déclarations diplomatiques et espèrent plutôt des améliorations concrètes dans leur quotidien.
Pour beaucoup à Goma, un an après l’accord de Washington, la paix reste plus une promesse qu’une réalité.




