Le président nigérian Bola Tinubu a ordonné une enquête sur les agissements d’une agence gouvernementale fictive qui a opéré ouvertement au sein de son gouvernement et a failli recevoir près d’un million de dollars de fonds publics.
Cette agence, baptisée Conseil présidentiel de promotion de l’intervention étrangère, n’a aucune existence légale au Nigeria. Pourtant, elle devait recevoir environ 1,3 milliard de nairas (944 300 dollars) dans le budget national de cette année.
Ses bureaux étaient situés au sein du secrétariat fédéral à Abuja, le même complexe qui abrite les ministères légitimes.
L’agence anticorruption dispose de 30 jours pour mener l’enquête.
Le bureau de Tinubu a annoncé mardi soir que la Commission indépendante de lutte contre la corruption et autres infractions connexes (ICPC) a été chargée d’enquêter. Elle dispose de 30 jours pour rendre son rapport.
Les enquêteurs examineront les allégations de falsification de lettres de nomination et les accusations selon lesquelles l’agence aurait utilisé une fausse nomination présidentielle pour obtenir une reconnaissance officielle, notamment pour faciliter l’obtention de visas.
« Un escroc », déclare le porte-parole de la présidence
Le porte-parole de la présidence, Bayo Onanuga, a qualifié Adeniyi Adeyemi Matthew, l’homme qui prétendait diriger l’agence, d’« escroc » ayant un passé de falsification de faits.
Onanuga a affirmé qu’aucun argent public n’avait été déboursé. Mais les critiques soulèvent une question plus cruciale : comment une agence inexistante a-t-elle pu se retrouver dans le budget national ?
La pression s’accentue sur Tinubu
Ce scandale accroît la pression politique sur Tinubu à l’approche de l’élection présidentielle, remettant le problème de la corruption endémique au Nigeria sur le devant de la scène.
Selon les médias locaux, Adeyemi aurait affirmé avoir reçu une lettre de nomination du chef de cabinet de Tinubu, Femi Gbajabiamila. Ce dernier nie l’avoir jamais rencontré ou même le connaître.
Les analystes estiment que le gouvernement doit encore expliquer comment cette agence fictive a pu être intégrée aux plans de dépenses officiels.
Date d’audience fixée
Adeyemi doit comparaître devant le tribunal le 27 juillet. Il est accusé de falsification de documents officiels, de tentative d’obtention frauduleuse d’une reconnaissance pour une fausse agence gouvernementale et d’ouverture de plusieurs comptes bancaires au nom de celle-ci.




