Le Parti de la Prospérité (PP) du Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a remporté une victoire écrasante aux élections législatives du 1er juin, a annoncé dimanche la commission électorale, obtenant près de 90 % des sièges.
Abiy Ahmed dirige l’Éthiopie depuis 2018 et est de plus en plus critiqué pour son autoritarisme croissant, contrastant avec ses premières années au pouvoir, durant lesquelles il a reçu le prix Nobel de la paix pour avoir apaisé les tensions avec l’Érythrée voisine.
Le PP était considéré comme le grand favori dans ce pays de 130 millions d’habitants, face à une opposition divisée qui n’a présenté aucun candidat dans de nombreuses circonscriptions.
Le Parti de la Prospérité, au pouvoir, a obtenu 438 des 486 sièges à la Chambre des représentants du peuple, selon un décompte de l’AFP établi après l’annonce des résultats par le président de la Commission électorale nationale (NEBE), Melatwork Hailu. Ces résultats représentent environ 90 % des sièges en jeu.
Des élections se sont tenues dans 501 des 547 circonscriptions du pays, avec une participation d’environ 40 millions de votants, selon la Commission électorale nationale indépendante (NEBE). Au total, 54 millions d’électeurs étaient inscrits.
La commission a indiqué que 143 bureaux de vote sont restés fermés le jour du scrutin en raison de problèmes de sécurité, et que le vote a été interrompu dans plusieurs localités des régions d’Amhara et d’Oromia, sans fournir davantage de précisions.
Plus de 40 partis se sont présentés contre le Parti populaire (PP), mais la plupart manquaient de soutien financier et le PP était sans adversaire dans 64 circonscriptions.
Le parti le mieux représenté, Ezema, n’a présenté que 293 candidats, contre 461 pour le PP.
Les électeurs élisent les membres de la Chambre des représentants du peuple, qui choisissent ensuite le Premier ministre parmi eux. Ce scrutin devrait avoir lieu entre fin septembre et octobre.
Perturbations
Le nord du Tigré, encore marqué par le conflit dévastateur de 2020-2022 qui a fait 600 000 morts, n’a pas pu voter. Les tensions croissantes entre les autorités locales et fédérales font craindre une reprise du conflit.
Les deux camps ont déployé des forces à la frontière de la région et s’accusent mutuellement de préparer une nouvelle offensive.
Les bureaux de vote sont également restés fermés dans huit circonscriptions d’Amhara, la deuxième région la plus peuplée, où les milices nationalistes Fano – en conflit avec les forces fédérales depuis plus de trois ans – menaçaient de perturber le processus électoral.
ACLED, une ONG de surveillance des conflits, a indiqué que le jour du scrutin, les Fano avaient recensé « au moins 90 affrontements avec les forces de sécurité dans toute la région ».
En Oromia, la région la plus peuplée, un autre groupe rebelle, l’Armée de libération oromo (OLA), a également perturbé le scrutin en attaquant des chrétiens orthodoxes dans le district d’Arsi.
Au moins 11 civils – et peut-être bien plus, selon des témoins interrogés par l’AFP – ont été tués lors d’attaques qui se sont déroulées sur plusieurs jours.
L’ACLED a fait état de huit affrontements armés entre l’OLA et les forces fédérales.




