Les États-Unis ont imposé de nouvelles sanctions à des figures importantes du mouvement rebelle M23 et de la milice FDLR, accentuant la pression sur les groupes armés qui alimentent le conflit dans l’est de la République démocratique du Congo. Cette mesure témoigne de la détermination de Washington à faire respecter les engagements pris dans le cadre des accords de paix de Washington.
Les États-Unis ont annoncé mardi de nouvelles sanctions contre deux commandants accusés de jouer un rôle clé dans le conflit qui continue de déstabiliser l’est de la République démocratique du Congo.
Ces mesures, imposées par le département du Trésor américain, visent John Imani Nzenze, chef du renseignement du mouvement rebelle M23, et Gustave Kubwayo, alias « Colonel Sirkoof », un haut commandant des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR).
Selon Washington, ces deux hommes sont impliqués dans des activités qui contribuent à la violence et à l’insécurité dans la région, malgré les efforts diplomatiques déployés pour mettre fin au conflit. Deux figures influentes du conflit
John Imani Nzenze est considéré comme l’un des plus proches collaborateurs de Sultani Makenga, chef du M23, déjà sous le coup de sanctions américaines et onusiennes.
Figure importante du mouvement depuis sa première rébellion en 2012-2013, Nzenze est depuis longtemps impliqué dans des opérations militaires contre les forces gouvernementales congolaises.
De l’autre côté du conflit, Gustave Kubwayo dirige une unité de renseignement et d’opérations spéciales des FDLR, une milice hutue issue des suites du génocide rwandais de 1994. Son groupe reste actif dans le territoire de Nyiragongo, dans la province du Nord-Kivu.
En ciblant des commandants des deux groupes armés, Washington semble vouloir afficher sa neutralité tout en accentuant la pression sur tous les acteurs contribuant à l’instabilité.
Washington renforce son message
En annonçant les sanctions, le secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, a déclaré que l’administration restait déterminée à mettre fin aux violences qui ont alimenté l’une des crises humanitaires les plus graves d’Afrique.
« La violence persistante des groupes armés exacerbe une crise humanitaire déjà catastrophique », a déclaré M. Bessent, ajoutant que ces mesures visent à favoriser un règlement pacifique du conflit.
En vertu de ces sanctions, tous les avoirs appartenant aux personnes désignées et situés aux États-Unis ou sous le contrôle de citoyens américains sont gelés.
Il est également interdit aux personnes physiques et morales américaines d’effectuer des transactions avec elles.
Pression sur Kinshasa et Kigali
Ces sanctions sont étroitement liées aux engagements pris dans le cadre des Accords de Washington, signés le 4 décembre 2025.
Les États-Unis ont réitéré leur attente que le gouvernement congolais poursuive ses efforts pour démanteler les FDLR et les groupes affiliés opérant sur son territoire. Parallèlement, Washington a renouvelé ses appels au Rwanda pour qu’il retire ses forces de l’est du Congo et cesse tout soutien à la rébellion du M23.
Le Rwanda a toujours nié les allégations des Nations Unies et des gouvernements occidentaux selon lesquelles il soutiendrait le M23.
Le conflit persiste malgré la diplomatie
Ces dernières mesures interviennent alors que les combats persistent dans l’est du Congo, malgré les efforts de médiation menés par les États-Unis.
Bien que le Rwanda et la République démocratique du Congo aient signé un accord de paix à Washington en décembre dernier, les tensions restent vives.
Quelques jours après la signature, des combattants du M23 sont entrés dans la ville stratégique d’Uvira, près de la frontière burundaise, marquant ce qui a été perçu comme la plus importante escalade du conflit depuis des mois.
Les rebelles se sont ensuite retirés sous la pression internationale, mais cet épisode a souligné la fragilité du processus de paix.
En sanctionnant des figures importantes du M23 et des FDLR, Washington envoie un message clair : les accords diplomatiques doivent se traduire par des actions concrètes sur le terrain si l’on veut instaurer une paix durable dans l’est du Congo.




