Des Nigérians fuyant la vague de tensions anti-immigrés qui déferle sur l’Afrique du Sud sont arrivés mercredi à l’aéroport de Johannesburg en vue de leur rapatriement.
Depuis des semaines, des groupes armés de bâtons, de fouets et de boucliers défilent dans certaines régions du pays, exigeant le départ des étrangers sans papiers avant la fin du mois.
« Vous marchez dans la rue et un citoyen peut vous arrêter et vous demander vos papiers », explique Ninikanwa Okey-Uche, consule générale du Nigéria en Afrique du Sud. « Des personnes ont été agressées, des commerces pillés. En résumé, l’occasion est donnée de rentrer chez soi. »
Ce n’est pas la première fois que l’Afrique du Sud s’en prend à sa population immigrée. En 2008, plus de 60 personnes ont été tuées lors d’attaques xénophobes visant des étrangers, selon les organisations de défense des droits humains. Depuis, des émeutes et des manifestations anti-migrants se sont multipliées.
« Mon expérience ici en Afrique du Sud est terrible », témoigne Ona Charles, une ressortissante nigériane. « Je suis ici depuis 14 ans et ma situation est instable, avec des hauts et des bas constants. Je préfère donc abandonner et rentrer chez moi saine et sauve plutôt que de rentrer blessée. »
Indésirables
Les Nigérians et autres étrangers rapatriés seront interdits de séjour en Afrique du Sud pendant plusieurs années, a expliqué un responsable de l’immigration :
« Nous les inscrivons sur une liste noire. Ils seront donc tous déclarés « indésirables », conformément à la loi sur l’immigration. Une fois déclarés indésirables, ils seront interdits de séjour pendant environ cinq ans avant de pouvoir revenir en Afrique du Sud. »
Pays le plus riche de la région, l’Afrique du Sud a toujours attiré des migrants des pays voisins. Mais avec un taux de chômage supérieur à 30 %, les groupes anti-immigration accusent les étrangers de prendre les emplois et de mettre à rude épreuve les services publics.




