Denis Sassou-N’Guesso, président de la République du Congo, a prêté serment jeudi suite à sa victoire à l’élection présidentielle de mars.
Dans son discours d’investiture, le dirigeant de 82 ans a promis développement et emplois aux jeunes pour son cinquième mandat.
M. Sassou-N’Guesso a déclaré qu’il revitaliserait l’économie nationale et donnerait la priorité à l’agriculture et à l’industrie dans ce pays d’Afrique centrale.
« Créer des emplois pour le plus grand nombre et poursuivre le développement des infrastructures de base et la promotion du développement », a-t-il déclaré lors d’une cérémonie à Brazzaville, en présence de plusieurs chefs d’État.
Le dirigeant congolais a remporté l’élection dès le premier tour avec 94,90 % des voix. Les chiffres officiels font état d’un taux de participation supérieur à 84 %, mais les observateurs prévoyaient des taux historiquement bas, compte tenu de l’absence d’une opposition sérieuse.
Les observateurs, notamment ceux de l’Union africaine, ont salué le déroulement « pacifique et ordonné » du processus électoral, tandis que les six autres candidats ont dénoncé des « fraudes et une faible participation ».
Sassou N’Guesso, candidat du Parti congolais du travail, est arrivé au pouvoir pour la première fois en 1979 et a gouverné jusqu’en 1992, date à laquelle il a organisé les premières élections multipartites du pays. Il est revenu au pouvoir en tant que chef de milice après une guerre civile de quatre mois en 1997.
La République du Congo est confrontée à une dette internationale élevée, qui représente 94,5 % de son produit intérieur brut, selon la Banque mondiale, et à un taux de chômage des jeunes en forte hausse. Plus de la moitié des 5,7 millions d’habitants du pays vivent dans la pauvreté et 47 % de la population a moins de 18 ans.
Durant sa campagne électorale, le président a mis en avant son bilan économique, soulignant ses efforts pour moderniser les infrastructures et développer les secteurs du gaz et de l’agriculture afin de rendre le Congo autosuffisant.
Le pétrole et le gaz constituent la principale source de revenus de l’État, alimentant une croissance estimée à 2,9 % pour 2025. Pourtant, plus de la moitié de la population vit sous le seuil de pauvreté.
Selon les critiques, la croissance du pays est freinée par le détournement massif de recettes pétrolières publiques vers les comptes bancaires de hauts responsables de l’administration.
Le gouvernement fait déjà l’objet de plusieurs plaintes et enquêtes pénales, notamment en France.




