Alors que les températures restent élevées dans la capitale française, les équipes de Médecins du Monde s’inquiètent des conditions de vie des migrants campant dans le nord de la ville.
L’unité médicale mobile de Médecins du Monde intervient dans les campements situés sous la ligne de métro aérienne, près des stations La Chapelle et Stalingrad, où des bénévoles viennent en aide aux personnes souffrant de la chaleur.
« Aujourd’hui, il fait 36 degrés. Franchement, dans cet environnement bétonné, on a plutôt l’impression qu’il fait 40 », témoigne Paul Alauzy, coordinateur parisien de Médecins du Monde.
« Dormir sous une tente, avec le passage incessant des véhicules, les sirènes qui retentissent, les gaz d’échappement, et sans accès fiable à la nourriture, au repos ou aux produits de première nécessité, devient insupportable », ajoute-t-il.
Paul Alauzy raconte qu’il y a peu, un homme s’est effondré et a commencé à se sentir mal.
« C’est insupportable », s’exclame-t-il. « Personne ne devrait finir comme ça, à mourir lentement sur le trottoir. »
Depuis le début de la vague de chaleur intense fin juin, près d’un millier de migrants vivant dans des abris de fortune dans la région luttent contre des températures caniculaires.
L’ONG internationale indique que les problèmes les plus fréquents sont les coups de chaleur et la déshydratation, mais que des infections, aggravées par la transpiration et le manque d’hygiène, peuvent également survenir.
Le Dr Lise Lavillonière, dermatologue bénévole au sein de l’organisation, explique qu’elle constate de nombreux cas de gale et de pyodermite.
« Ils dorment dehors, exposés à des conditions insalubres ; ils font ce qu’ils peuvent », déplore-t-elle.
Le Dr Lavillonière ajoute qu’ils observent également de nombreux troubles de santé mentale.
« Beaucoup souffrent de problèmes psychologiques, ce qui n’est guère surprenant compte tenu de ce qu’ils ont vécu », souligne-t-elle.
Malgré la mise en place d’un point d’eau et l’aide apportée par les organisations, le quotidien dans les campements reste extrêmement difficile.
Dans la rue, ceux qui ont une tente restent à l’intérieur tandis que les autres se rassemblent à l’ombre, quelle qu’elle soit, pour essayer de se rafraîchir et de se protéger du soleil et de la chaleur.




