À Kinshasa, l’emblématique costume abacost connaît un regain de popularité, mêlant histoire politique et mode congolaise contemporaine.
Popularisé dans les années 1970 par l’ancien président Mobutu Sese Seko, ce costume sans col était présenté comme un symbole d’identité africaine et un rejet des costumes occidentaux. Près de trente ans après la chute de Mobutu, il est de nouveau très prisé.
Dans le célèbre atelier Okasol, le tailleur Serge Okasol explique qu’au Congo, bien s’habiller ne se résume pas à l’apparence.
« S’habiller au Congo, c’est comme revêtir une armure », dit-il. « La grande tendance à Kinshasa, c’est le costume abacost. »
L’atelier familial, aujourd’hui dirigé par Serge et son frère Auguy, habille ministres, diplomates et jeunes professionnels en quête de créations sur mesure, confectionnées à partir de tissus et de broderies africaines.
Malgré la concurrence croissante des importations à bas prix en provenance de Chine et d’Inde, Auguy Okasol affirme que la qualité permet à l’artisanat local de conserver son avantage.
« Ce qui nous sauve, c’est notre qualité », déclare-t-il. « Elle nous permet de maintenir le cap et de rester au sommet. »
Pour des clients comme Percy Loso, le costume est aussi une affirmation d’identité.
« Quand on porte un tissu traditionnel, même en Europe, les gens savent immédiatement qu’on est Africain, Congolais », explique-t-il.
À Kinshasa, où la mode est une source de fierté et d’expression personnelle, l’abacost prouve que style et patrimoine culturel restent étroitement liés.




