Agathe Habyarimana, ancienne Première dame du Rwanda, va faire appel de la décision de justice rendue la semaine dernière, qui a cassé un jugement de 2025 classant sans suite l’enquête la concernant pour son rôle dans le génocide de 1994.
Ce massacre a été déclenché par l’assassinat de son époux, l’ancien président hutu Juvénal Habyarimana. En plus de 100 jours, plus de 800 000 Tutsis et Hutus modérés ont été brutalement assassinés.
Âgée de 83 ans, Agathe Habyarimana fait l’objet d’une enquête pour complicité dans le génocide depuis 2008.
Elle n’a jamais été formellement inculpée, mais bénéficie du statut de « témoin assisté », une catégorie juridique française intermédiaire entre témoin et accusé.
Les procureurs l’accusent d’avoir dirigé l’« Akazu », le cercle restreint du pouvoir hutu, et d’avoir joué un rôle actif dans la planification des massacres, en établissant des listes de personnes à exécuter.
Habyarimana rejette ces accusations, affirmant être une mère au foyer de huit enfants sans aucun lien avec la politique.
En 2025, un tribunal de première instance a jugé les preuves insuffisantes pour poursuivre l’enquête, mais suite à un appel du parquet antiterroriste français, ce jugement a été cassé.
Son avocat a qualifié la décision de rouvrir l’affaire d’« incompréhensible », affirmant qu’aucun élément de preuve sérieux ne venait étayer ces accusations. Il a indiqué qu’elle allait désormais saisir la Cour suprême et n’hésiterait pas à porter l’affaire devant la Cour européenne des droits de l’homme.




