Des rebelles liés à l’État islamique ont tué au moins 36 personnes en deux jours d’attaques dans le nord-est de la République démocratique du Congo, ont indiqué jeudi des sources locales et sécuritaires.
Depuis mardi, des combattants des ADF ont tué au moins 21 personnes dans des villages isolés à la frontière entre les provinces d’Ituri et du Nord-Kivu, et au moins 15 personnes lors d’une attaque dans la ville de Biakato, en Ituri, ont précisé ces sources à l’AFP.
Les Forces démocratiques alliées (ADF) sont un groupe formé d’anciens rebelles ougandais qui a prêté allégeance à l’État islamique (EI).
Le groupe opère au Nord-Kivu, à l’est, et en Ituri, au nord-est, près des frontières avec l’Ouganda et le Rwanda.
Dans un rapport publié mardi, Amnesty International accuse les ADF de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité.
Dans la nuit de mardi à mercredi, des combattants des ADF ont attaqué quatre villages isolés près de Beni Mau, au Nord-Kivu, ont rapporté des habitants et des responsables de la sécurité.
Des sources sécuritaires, s’exprimant sous couvert d’anonymat, ont indiqué qu’au moins 21 personnes avaient été tuées.
Un responsable local a avancé un bilan plus lourd, affirmant qu’« au moins 24 » personnes étaient mortes et que plusieurs étaient portées disparues, pour la plupart des agriculteurs.
« Crimes de guerre »
Jeudi, des combattants des ADF « ont surpris des habitants à leur domicile » à Biakato, à environ 70 kilomètres de là, « et ont commencé à les tuer à balles réelles et à la machette », a déclaré le responsable d’une organisation de la société civile locale.
« Nous avons déjà retrouvé 15 corps : trois femmes, onze hommes et un enfant », a déclaré Mendela Musa.
Ce bilan a été confirmé par les autorités sécuritaires.
Les deux attaques ont eu lieu dans des zones de forêt dense, où les ADF sont accusées de nombreuses exactions ces dernières années, souvent en représailles aux offensives de l’armée.
L’est de la RDC, riche en minerais, est ravagé depuis trois décennies par un conflit impliquant divers groupes armés, milices et troupes de l’armée.
Depuis 2021, l’armée ougandaise est déployée dans le nord du Nord-Kivu et en Ituri pour combattre les ADF, aux côtés de l’armée congolaise.
Le nouveau rapport d’Amnesty International, publié mardi, accuse les ADF d’enlèvements, de travail forcé, de recrutement d’enfants soldats et de « crimes contre les femmes et les filles, notamment les mariages forcés, les grossesses forcées et diverses autres formes de violences sexuelles ».
« Ces exactions constituent des crimes de guerre que le monde ne doit plus ignorer », a ajouté Amnesty International.
« S’inscrivant dans une attaque généralisée et systématique contre la population civile, elles constituent également des crimes contre l’humanité », a déclaré la secrétaire générale de l’organisation, Agnès Callamard.




