À l’occasion d’un sommet économique de deux jours à Nairobi, au Kenya, le président français Emmanuel Macron a défendu l’engagement européen en Afrique, établissant un contraste saisissant avec l’approche chinoise et exhortant les dirigeants africains à assumer une plus grande responsabilité face aux défis de la gouvernance.
Dans un entretien accordé à Jeune Afrique et à The Africa Report, M. Macron a déclaré avoir « fermement condamné le colonialisme » dès son entrée en fonction en 2017, mais a affirmé que les difficultés actuelles de l’Afrique ne peuvent être imputées uniquement à son passé colonial.
« Nous ne devons pas exonérer de toute responsabilité les sept décennies qui ont suivi l’indépendance », a-t-il déclaré, appelant à une gouvernance renforcée sur tout le continent.
M. Macron a insisté sur le fait que l’Europe n’est pas « le prédateur de ce siècle », défendant son attachement au multilatéralisme, à l’État de droit et au libre-échange.
À l’inverse, il a accusé la Chine d’agir selon une « logique prédatrice » concernant les minéraux critiques, de transformer les ressources sur son territoire et de créer des dépendances mondiales.
Un élan pour la réforme financière et un partenariat renouvelé
Macron a déclaré que l’objectif de l’Europe est de promouvoir une « stratégie d’autonomie » pour les deux continents, avec une refonte majeure de la finance internationale au cœur de la transformation économique de l’Afrique.
Il a appelé à de nouvelles garanties financières mondiales pour débloquer les investissements privés – une revendication de longue date des gouvernements africains.
Le sommet de Nairobi s’inscrit dans le cadre des efforts plus larges déployés par Macron pour rétablir la confiance après des années de relations tendues avec les anciennes colonies françaises d’Afrique de l’Ouest.
Le retrait de la France du Sahel et l’avenir de la gouvernance régionale
La France a retiré ses troupes du Mali, du Burkina Faso et du Niger après les coups d’État militaires survenus entre 2020 et 2023.
Macron a affirmé que Paris avait respecté les décisions de ces gouvernements : « Lorsque notre présence n’était plus souhaitée après les coups d’État, nous sommes partis.
Ce n’était pas une humiliation, mais une réponse logique.»
Il a maintenu que les déploiements militaires français au Sahel avaient été effectués à la demande des gouvernements locaux pour lutter contre les groupes djihadistes.
Pour l’avenir, Macron a prédit une réinitialisation politique dans la région : « Une nouvelle ère est sur le point de commencer. Le Sahel retrouvera un jour une gouvernance normale », a-t-il déclaré, avec des dirigeants démocratiquement élus qui « se soucient véritablement de leur peuple ».




