Le dirigeant taïwanais défie la Chine après sa visite en Eswatini et réaffirme le rôle international de l’île
Le président taïwanais Lai Ching-te est rentré mardi d’une visite de trois jours en Eswatini, déclarant que la liberté de circulation entre États est un « droit fondamental ». Il a profité de cette occasion pour dénoncer les tentatives chinoises d’empêcher son voyage et réaffirmer la détermination de Taïwan à maintenir son engagement international.
M. Lai avait initialement prévu de se rendre en Eswatini – l’un des douze derniers alliés diplomatiques de Taïwan – le mois dernier, mais Taipei affirme que la Chine a fait pression sur trois pays pour qu’ils lui retirent les autorisations de survol, empêchant ainsi son avion de traverser leur espace aérien.
Pékin n’a pas confirmé ces pressions, mais s’est dit « très reconnaissant » des décisions prises par ces pays.
Sans se laisser décourager, M. Lai a reprogrammé son voyage et est arrivé en Eswatini le 2 mai, où il a tenu des discussions sur la coopération économique, agricole, culturelle et éducative.
À son retour à Taipei, il a déclaré que les visites réciproques entre dirigeants étaient « aussi naturelles que des visites entre amis ».
« Cette visite, initialement entravée, a démontré au monde la détermination inébranlable du peuple taïwanais à s’engager sur la scène internationale », a-t-il affirmé.
Taïwan fait face à une pression croissante de la Chine.
La Chine revendique Taïwan comme faisant partie intégrante de son territoire et interdit aux pays avec lesquels elle entretient des relations diplomatiques de maintenir des liens officiels avec Taipei.
Cette pression s’est intensifiée ces dernières années, affectant l’espace international de Taïwan, ses voies de transit et son rayonnement diplomatique.
M. Lai a profité de son discours pour souligner l’identité mondiale de Taïwan.
« La Terre est ronde, le monde appartient à tous, Taïwan appartient au monde et les Taïwanais sont des citoyens du monde », a-t-il déclaré. « Nous ne céderons pas face à l’oppression. »
Remerciements à l’Eswatini pour avoir facilité le voyage.
M. Lai a également remercié la vice-Première ministre de l’Eswatini, Thulisile Dladla, qui a accompagné la délégation et a contribué à assurer ce qu’il a qualifié de « voyage aller-retour sans encombre ». Dladla s’était rendu à Taïwan fin avril pour préparer sa visite.
Alors que Taïwan continue de faire face à des difficultés diplomatiques, Lai a présenté le voyage en Eswatini comme la preuve que l’île poursuivra ses efforts pour un dialogue constructif, malgré les obstacles.




