La Russie développe son réseau de centres culturels et éducatifs en Afrique, cherchant à renforcer ses liens au-delà de la coopération militaire et sécuritaire sur le continent.
Ces centres auront pour vocation de promouvoir la langue, l’éducation, la science et la culture russes, tout en soutenant divers projets, selon l’agence humanitaire russe.
Baptisés « Maisons de la Russie », huit de ces onze nouveaux centres doivent ouvrir en Afrique, où seize structures de ce type ont déjà été établies au fil des ans.
L’« Africa Corps », force paramilitaire sous contrôle étatique russe qui a pris la relève des opérations des mercenaires du groupe Wagner, est devenu un partenaire sécuritaire clé pour plusieurs régimes militaires d’Afrique de l’Ouest dans la lutte contre les insurrections djihadistes.
Les juntes au pouvoir au Mali, au Niger et au Burkina Faso, notamment, se sont tournées vers ces mercenaires russes (désormais regroupés sous la bannière Africa Corps) alors qu’elles cherchaient à s’affranchir de l’influence de leur ancienne puissance coloniale, la France.
Les forces internationales antijihadistes, françaises et autres, se sont retirées de ces pays ; c’est notamment le cas de la mission de l’ONU au Mali, qui a pris fin en décembre 2023.
Cette année a également été marquée par une augmentation du nombre signalé de combattants africains impliqués dans la guerre entre la Russie et l’Ukraine. Le Kenya, qui a enregistré l’un des taux de recrutement les plus élevés, a mis en cause des agences de placement accusées d’attirer des hommes en Russie par des promesses d’emploi, pour finalement les voir envoyés au front en Ukraine.
La Russie a affirmé que toutes ses recrues étrangères s’étaient engagées volontairement et « en totale conformité avec la législation russe », tout en acceptant, en mars, de ne pas déployer de Kenyans sur la ligne de front.
Selon l’agence humanitaire russe Rossotrudnichestvo, la Russie vise désormais à nouer des relations à plus long terme grâce à des bourses d’études, des partenariats universitaires, des programmes linguistiques, ainsi que des événements et échanges culturels.
« Nous modifions considérablement le programme lui-même. Nous intensifions nos efforts et renforçons le niveau de supervision », a déclaré Igor Tchaïka, le directeur de Rossotrudnichestvo.
Ces nouveaux centres doivent ouvrir en République démocratique du Congo, au Kenya, à Madagascar, au Mali, à São Tomé-et-Principe, au Sénégal, en Sierra Leone et au Togo.
La Russie recherche des « résultats concrets » dans la promotion de « la langue, l’éducation, la science et la culture russes », a ajouté M. Tchaïka. Un nouveau programme de micro-subventions sera lancé en 2027 pour soutenir des projets éducatifs, culturels, scientifiques, technologiques et liés à la jeunesse à l’étranger, a annoncé Rossotrudnichestvo.
L’agence souhaite également s’appuyer sur des organisations partenaires plus solides pour gérer les « Maisons de la Russie » dans différents pays africains, afin de créer ce qu’elle a qualifié de « véritable réseau international ».
La demande pour des Maisons de la Russie partenaires est en hausse, y compris dans des pays où les activités des institutions étatiques se heurtent à des restrictions politiques, a-t-elle ajouté.




