De violents combats entre l’armée somalienne et les forces d’opposition dans la ville stratégique de Baidoa, dans l’État du Sud-Ouest, ont fait des dizaines de morts, dont au moins quatre civils.
Les affrontements ont éclaté lundi lorsque des milices fidèles à l’ancien président de l’État, Abdiaziz Hassan Mohamed Laftagareen, ont attaqué des positions gouvernementales à la périphérie de la ville.
Le gouvernement fédéral somalien a accusé les forces de Laftagareen de combattre aux côtés du groupe armé al-Shabaab, lié à Al-Qaïda.
« Nous avons confirmé qu’ils étaient accompagnés d’al-Shabaab… Nous avons retrouvé des combattants d’al-Shabaab tués au combat et nous en avons également capturé certains vivants », a déclaré Isak Mohamed Korsaar, ministre de la Sécurité intérieure de l’État du Sud-Ouest.
Le calme est revenu à Baidoa mardi, tandis que l’armée inspectait les bâtiments et les véhicules endommagés par les combats et patrouillait les principales artères.
Les habitants sont sortis prudemment de leurs maisons, malgré une forte présence militaire maintenue dans les zones clés.
Selon les responsables hospitaliers, près de 100 personnes ont été blessées. Ces nouvelles violences accentuent la pression sur les services de santé, déjà débordés par la prise en charge des habitants et des personnes déplacées.
La ville abrite plus d’un demi-million de Somaliens déplacés par le conflit, la sécheresse et la famine dans d’autres régions.
Luttant pour contenir l’insurrection d’Al-Shabaab qui dure depuis vingt ans, le gouvernement fédéral fait face à une résistance armée croissante de la part des gouvernements des États.
L’implication du groupe extrémiste laisse penser qu’il pourrait avoir coordonné les attaques de lundi avec les forces de Laftagareen.
Ce dernier dirigeait l’État du Sud-Ouest depuis plus de sept ans lorsqu’il a rompu les liens avec Mogadiscio en mars, suite aux amendements constitutionnels controversés imposés par le président Hassan Sheikh Mohamud.
Cette décision a déclenché des affrontements à travers le pays, au cours desquels l’armée somalienne s’est emparée de Baidoa, entraînant la démission de Laftagareen.
Depuis, des combattants qui lui sont fidèles ont mené des attaques répétées contre la ville, notamment une tentative infructueuse de reprendre le contrôle de l’État en mai.




