Une commission judiciaire, mise en place par le président sud-africain pour enquêter sur des allégations explosives d’un haut responsable de la police liant des hommes politiques à des gangs criminels, a débuté ses audiences publiques mercredi, après un démarrage tardif.
La nation la plus industrialisée d’Afrique est en proie à une criminalité et une corruption profondément enracinées, alimentées par des réseaux organisés.
En juillet, le chef de la police provinciale, Nhlanhla Mkhwanazi, a accusé le ministre de la Police, Senzo Mchunu, et d’autres hauts responsables d’entraver les enquêtes sur ces affaires, notamment des meurtres à motivation politique.
Ces accusations ont conduit le président Cyril Ramaphosa à suspendre M. Mchunu et à annoncer la création de cette commission composée de trois membres, présidée par un ancien juge de la Cour constitutionnelle.
M. Mkhwanazi, un lieutenant-général éminent comptant plus de trente ans de service, a été le premier à témoigner devant la commission à Pretoria, la capitale.
« Mon objectif est de démontrer que le système de justice pénale est soumis à une menace constante ainsi qu’à des actes de sabotage, une situation qui perdure depuis longtemps », a-t-il déclaré.
« Nous estimons qu’il court un risque réel d’effondrement total si rien n’est fait », a-t-il ajouté.
Le rapport intermédiaire de la commission est attendu d’ici trois mois.
La commission fait toutefois l’objet de critiques quant à sa capacité à susciter des actions concrètes, ses conclusions n’étant pas contraignantes et ses recommandations dépendant uniquement du bon vouloir du président.
M. Mkhwanazi a affirmé que M. Mchunu avait reçu des paiements de l’homme d’affaires Vusimuzi « Cat » Matlala, poursuivi pour meurtre et blanchiment d’argent. Un tribunal a refusé mercredi la libération sous caution de M. Matlala dans cette affaire.
M. Mkhwanazi a également accusé le ministre d’avoir joué un rôle dans le démantèlement d’une équipe chargée d’enquêter sur des meurtres, afin de protéger des personnes ayant des liens politiques.
M. Mchunu a rejeté ces accusations et devrait témoigner devant la commission.
Cet homme politique de 67 ans avait été cité par les médias locaux comme un candidat potentiel, issu de la faction centriste du parti au pouvoir (le Congrès national africain), pour succéder à M. Ramaphosa.




