Le président Hakainde Hichilema a pris une avance confortable dans l’élection présidentielle zambienne, obtenant près de 59 % des suffrages exprimés dans 135 des 226 circonscriptions. Ce résultat le place en bonne voie pour une réélection, bien que le dépouillement final soit toujours en cours.
Les autorités électorales ont annoncé que M. Hichilema avait remporté 1 544 140 voix, soit 58,87 %, alors que plus de la moitié des circonscriptions ont été dépouillées.
Son principal adversaire, Brian Mundubile, a recueilli 1 030 662 voix parmi les 14 candidats à la présidence.
Un candidat doit obtenir plus de 50 % des suffrages valides pour éviter un second tour. Si aucun candidat n’atteint ce seuil, les deux candidats arrivés en tête s’affronteront lors d’un second tour.
Une élection tendue après des violences
L’élection de jeudi s’est déroulée dans le calme, mais la campagne et le dépouillement ont été marqués par des allégations d’intimidation, d’arrestations et de violences.
La Commission électorale a suspendu le dépouillement pendant environ six heures vendredi suite à des informations faisant état d’agressions contre le personnel des bureaux de vote et du vol présumé de bulletins de vote marqués.
La police a déclaré qu’un agent électoral de 57 ans était décédé le jour du scrutin après avoir été agressé près de Lusaka. Neuf personnes ont été arrêtées en lien avec cet incident.
Les observateurs régionaux et européens ont exhorté les partis politiques à éviter toute déclaration incendiaire alors que le pays attend les résultats définitifs.
L’opposition exprime ses inquiétudes.
Mundubile a revendiqué la victoire peu après le vote et a affirmé que son parti avait obtenu la majorité parlementaire, bien que le décompte officiel le place depuis loin derrière Hichilema dans la course présidentielle.
La mission d’observation électorale de l’UE a déclaré que les restrictions imposées à l’activité politique avaient contribué à ce qu’elle a qualifié de « jeu inégal ».
La mission d’observation de la SADC a également déclaré que la suspension temporaire du dépouillement avait créé de l’incertitude et de l’anxiété.
Un bilan économique en jeu.
Cette élection est un test pour le premier mandat d’Hichilema, durant lequel la Zambie a renoué avec la croissance économique et a mené à bien une restructuration majeure de sa dette.
Mais les critiques affirment que la reprise n’a pas encore permis d’améliorer significativement le niveau de vie, puisque plus de 70 % des 22 millions d’habitants du pays vivent avec moins de 3 dollars par jour, selon la Banque mondiale.




