Les efforts de l’Afrique du Sud pour poursuivre une importante affaire de corruption policière ont subi un revers après le retrait de l’homme d’affaires Vusimuzi « Cat » Matlala d’un accord de plaidoyer qui l’aurait contraint à témoigner contre de hauts responsables de la police.
Le tribunal spécialisé dans les crimes commerciaux de Pretoria a déclaré l’accord nul et non avenu après que Matlala a refusé une peine plus lourde de 12 ans de prison proposée par le tribunal. Les procureurs avaient initialement négocié une peine effective de huit ans en échange de son plaidoyer de culpabilité et de sa coopération.
Matlala est accusé de fraude, de corruption et de blanchiment d’argent liés à l’attribution irrégulière présumée d’un marché public de 228 millions de rands du Service de police sud-africain à sa société, Medicare24. Aux termes de l’accord désormais caduc, il avait plaidé coupable et devait devenir un témoin clé de l’accusation contre d’autres accusés, notamment de hauts responsables de la police.
Le Parquet national indique que l’échec de l’accord signifie qu’aucune des informations contenues dans l’accord de plaidoyer ou la déclaration sous serment de Matlala ne peut désormais être utilisée devant le tribunal, obligeant les enquêteurs à poursuivre leur travail d’investigation de manière indépendante. Le parquet maintient toutefois disposer de preuves suffisantes pour poursuivre le procès pour corruption.
Cet échec de l’accord de plaidoyer est perçu comme un revers majeur pour la lutte anticorruption en Afrique du Sud, car le témoignage de Matlala était censé contribuer à mettre au jour des allégations de corruption au sein des forces de police du pays.
Matlala et son coaccusé restent en détention provisoire. L’affaire devrait être de nouveau examinée par le tribunal en septembre, date à laquelle l’homme d’affaires devrait réintégrer le procès principal suite à la rupture de l’accord de plaidoyer.




