Le Burkina Faso a annoncé le 26 juin la rupture de ses relations diplomatiques avec la France. Hamadé Soro, expert en relations internationales, explique les changements que cette décision pourrait entraîner et comment les deux pays continueront d’interagir.
Cette annonce n’a sans doute pas surpris les observateurs de la région : Ouagadougou a officiellement annoncé le 26 juin la fin de ses relations diplomatiques avec Paris.
Cette décision fait suite à des années de relations tendues entre ce pays d’Afrique de l’Ouest et la France, qui a retiré ses forces militaires du territoire burkinabè en 2023 après la prise de pouvoir par le capitaine Ibrahim Traoré et le rapprochement de son pays avec la Russie.
De 2018 jusqu’au retrait en 2023, un accord entre les gouvernements français et burkinabè autorisait la présence de troupes françaises sur le sol burkinabè afin d’aider l’armée burkinabè à lutter contre les groupes terroristes.
Mais maintenant que les derniers liens sont officiellement rompus, que restera-t-il des relations entre les deux pays ? L’expert en relations internationales Hamadé Soro affirme que cela ne signifie pas une rupture totale de la communication : « Ce sont les relations interétatiques et institutionnelles entre les deux pays qui sont affectées par cette rupture. Cependant, nous avons vu des pays en conflit parvenir à maintenir le dialogue et les canaux diplomatiques par l’intermédiaire d’un pays tiers », explique-t-il.
Le recours à un pays tiers est prévu par la Convention de Vienne de 1961, traité-cadre définissant les relations diplomatiques entre États indépendants.
M. Soro souligne également que la rupture des relations diplomatiques n’est pas nécessairement irréversible.
« Ce qui est remis en question, c’est la conduite des dirigeants politiques actuels. Si, à terme, une nouvelle situation politique se dessine, de nouvelles mesures pourront être prises pour s’adapter à ces nouvelles circonstances », explique-t-il.
De son côté, la France a condamné cette décision, la qualifiant d’unilatérale et d’injustifiée, et a averti qu’elle prendrait des mesures de rétorsion.




