Le président français Emmanuel Macron et le président rwandais Paul Kagame ont inauguré mardi un mémorial à Paris en mémoire des victimes du génocide rwandais.
Lors de la cérémonie, M. Macron a déclaré que ce mémorial marquait « l’aboutissement d’une longue et patiente quête de vérité ».
« Dans un monde où les empires sont parfois tentés de falsifier l’histoire, et aujourd’hui encore où le passé est un champ de bataille, dire la vérité est plus nécessaire que jamais. C’est la condition de la paix », a-t-il affirmé.
Les autorités rwandaises reprochent depuis longtemps à la communauté internationale d’avoir ignoré les avertissements concernant les massacres, et certains dirigeants occidentaux ont exprimé leurs regrets.
« La France était particulièrement bien placée pour observer et agir. Elle a mis trop de temps à assumer sa part de responsabilité, ce qui a engendré des souffrances supplémentaires, et sur certains points, nous ne sommes toujours pas parvenus à un consensus », a déclaré M. Kagame aux personnes présentes.
Mais il a déclaré qu’aucun pays « n’est allé aussi loin que la France pour rétablir la vérité et reconnaître sa part de responsabilité dans cette tragédie ».
Surnommé « Les Archives », le monument se compose de deux stèles en laiton noir, œuvres de l’artiste portugaise Grada Kilomba, installée à Berlin, en hommage aux victimes.
On y trouve une inscription gravée rendant hommage aux quelque 800 000 hommes, femmes et enfants, majoritairement tutsis, massacrés entre avril et juillet 1994.
« Ici, comme dans des archives, reposent les voix et les mots, les souvenirs et les expériences, les sentiments et les espoirs des victimes et des survivants », peut-on y lire.
Le massacre a débuté le 6 avril 1994, lorsque l’avion du président Juvénal Habyarimana a été abattu, tuant le dirigeant qui, comme la plupart des Rwandais, était un Hutu.
La minorité tutsie a été accusée d’avoir abattu l’avion. Des groupes d’extrémistes hutus ont commencé à massacrer des Tutsis et leurs prétendus sympathisants, avec l’aide de l’armée, de la police et des milices.
Dans un discours historique prononcé à Kigali en 2021, Emmanuel Macron a reconnu que la France n’avait pas tenu compte des avertissements concernant les massacres imminents au Rwanda.
Le monument érigé sur les bords de Seine, au cœur de Paris, s’inscrit dans la démarche de la France visant à reconnaître son rôle dans l’une des pires atrocités du XXe siècle.




