Le Kenya indique que la Russie a accepté de ne plus accepter de ressortissants kényans dans son armée, suite aux inquiétudes concernant l’enrôlement de centaines de Kényans dans le conflit ukrainien.
Cette annonce a été faite à Moscou par le ministre kényan des Affaires étrangères, Musalia Mudavadi, après des discussions avec son homologue russe, Sergueï Lavrov. M. Mudavadi a précisé que l’accord conclu avec la Russie signifie que les Kényans ne pourront plus s’engager dans les forces armées russes par l’intermédiaire du ministère de la Défense.
La question est devenue de plus en plus sensible au Kenya après que les services de sécurité ont averti, en début d’année, qu’un grand nombre de citoyens avaient été recrutés pour combattre aux côtés de la Russie.
Moscou affirme que les ressortissants étrangers servant dans son armée ont signé des contrats de leur plein gré et conformément à la législation russe, qui leur permet de mettre fin à leur service prématurément s’ils le souhaitent.
Cependant, au Kenya, plusieurs témoignages font état de personnes qui affirment être parties à l’étranger en croyant avoir trouvé un emploi civil bien rémunéré, pour découvrir par la suite qu’elles avaient été enrôlées dans l’armée pour des missions liées à la guerre en Ukraine.
Les autorités kényanes affirment démanteler des réseaux soupçonnés d’exploiter des demandeurs d’emploi. Selon Mudavadi, plus de 600 agences de recrutement ont été fermées ces derniers mois, accusées d’envoyer des Kényans à l’étranger sous de faux prétextes.
Des parlementaires kényans ont également exprimé leurs inquiétudes quant à une possible collaboration de certains éléments au sein des institutions gouvernementales avec des réseaux de trafic d’êtres humains impliqués dans le processus de recrutement.
Nairobi s’efforce désormais de rapatrier ses citoyens souhaitant quitter le conflit. Mudavadi a indiqué que 27 Kényans ont déjà été rapatriés et que le gouvernement leur apporte un soutien psychologique et une aide à la réinsertion pour les aider à surmonter les traumatismes de la guerre.
Le nombre total de victimes kényanes demeure inconnu et les familles à la recherche de leurs proches disparus affirment avoir des difficultés à obtenir des informations auprès des autorités russes.
Cette situation a suscité l’indignation au Kenya. Plus tôt cette année, des proches de personnes présumées combattre en Ukraine se sont rassemblés devant le Parlement à Nairobi pour exiger une intervention et une aide plus fermes du gouvernement afin de rapatrier leurs familles.
Le voyage de Mudavadi à Moscou est également axé sur une coopération économique plus large. Le Kenya espère conclure des accords permettant à ses citoyens d’accéder à des emplois légitimes en Russie sans être victimes de fraudes au recrutement.
Bien que la guerre en Ukraine ait compliqué la situation, le ministre kényan a déclaré que Nairobi souhaite que ses relations avec Moscou continuent de se développer dans d’autres domaines.
Selon les estimations des services de renseignement ukrainiens, le recrutement de combattants étrangers s’est étendu à tout le continent. Plus de 1 700 personnes originaires de 36 pays africains auraient rejoint les forces russes depuis le début du conflit.
D’autres gouvernements africains ont été confrontés à des difficultés similaires. Plus tôt cette année, l’Afrique du Sud a rapatrié 17 ressortissants qui affirmaient avoir été induits en erreur et s’être retrouvés piégés près des lignes de front dans l’est de l’Ukraine.
L’Ukraine a elle-même été critiquée par le passé pour ses tentatives d’attirer des volontaires étrangers, notamment africains, afin de soutenir sa campagne militaire.




