Le président russe Vladimir Poutine accueille des dizaines de dirigeants africains lors d’un sommet à Moscou, dans le cadre d’efforts visant à étendre l’influence de la Russie sur le continent.
Mercredi, il a déclaré aux délégués que la Russie était le meilleur partenaire de l’Afrique, appelant à mettre fin à la domination occidentale.
« L’époque où le destin de continents entiers était déterminé par un bloc restreint d’États touche à sa fin, de manière irréversible », a affirmé M. Poutine.
« Elle laisse place à un monde plus juste, dans lequel les voix de toutes les nations participant aux affaires internationales doivent être entendues. »
M. Poutine a accusé les pays occidentaux de chercher encore à exploiter les ressources du continent et d’utiliser la dette pour freiner son développement.
Des délégations issues de 48 pays participent à ce sommet de deux jours — le troisième du genre —, dont 22 chefs d’État ou de gouvernement africains.
La Russie cherche à accroître son influence politique, économique et militaire en Afrique, où ses combattants paramilitaires, regroupés au sein de l’« Africa Corps », demeurent actifs.
Vladimir Poutine a souligné que le continent s’affirme de plus en plus comme l’un des acteurs clés de l’économie et de la politique mondiales.
Il a plaidé pour un renforcement du rôle de l’Afrique dans les processus décisionnels du Fonds monétaire international (FMI) et du Groupe de la Banque mondiale, afin de mieux répondre aux besoins du continent.
« Le moment est venu de réformer ces organisations et de les recentrer sur les besoins et les exigences spécifiques des économies en développement », a-t-il déclaré.
Le sommet est coprésidé par le président en exercice de l’Union africaine, le président burundais Évariste Ndayishimiye.
Les dirigeants africains présents ont exprimé leur volonté de renforcer les liens avec la Russie, opposant son approche à celle des pays occidentaux.
« L’Afrique recherche des partenaires pour renforcer sa capacité à générer sa propre richesse », a déclaré M. Ndayishimiye.
« Nous ne voulons pas être réduits à exporter nos matières premières pour ensuite importer des produits finis, à un coût élevé. »
M. Ndayishimiye a précisé que les pays africains souhaitent être impliqués dans l’ensemble de la chaîne de valeur, de la production à la commercialisation, « afin que la richesse créée profite plus efficacement à nos populations ». Plus de 40 sessions, réparties sur deux jours, devraient porter sur le commerce, les investissements, le transfert de technologies, la sécurité alimentaire et énergétique, la santé, l’éducation ainsi que les échanges de jeunes.




