S’adressant vendredi au peuple congolais via sa chaîne YouTube « Reconstruire la RDC », l’ancien président Joseph Kabila a déclaré que la situation dans le pays n’avait cessé de se dégrader.
Sans citer nommément le président Félix Tshisekedi, il a dénoncé un pouvoir personnel guidé par la « seule volonté du chef de l’État », qui « considère le Congo comme une propriété privée ».
« Cela a abouti à un système de gouvernance davantage soucieux de maintenir le statu quo que du bien-être de la population », a-t-il affirmé.
Selon lui, la RDC « n’est plus une République, et encore moins une démocratie », dénonçant une gouvernance marquée par « l’institutionnalisation du tribalisme et du népotisme ».
Kabila a évoqué ce qu’il considère comme une discrimination à l’encontre des minorités, une instrumentalisation du pouvoir d’État à des fins politiques ainsi qu’une mauvaise gestion des biens et du patrimoine publics.
Il a également critiqué la gestion du conflit dans l’est de la RDC par le gouvernement, affirmant que la poursuite de la guerre dans cette région ne résoudrait pas les problèmes politiques et sécuritaires du pays.
Kabila a accusé Tshisekedi de refuser de s’engager dans des initiatives visant à trouver une solution politique à la crise.
« Le dialogue n’est pas une option », mais plutôt une voie nécessaire pour rétablir la paix et renforcer la cohésion nationale, a-t-il déclaré.
Il a notamment mentionné les démarches entreprises par des organisations régionales d’Afrique de l’Est, australe et centrale, ainsi que par l’Union africaine et certains pays partenaires.
Kabila a réitéré son appel à un dialogue national inclusif, une démarche qu’il juge nécessaire pour réconcilier le peuple congolais, restaurer la cohésion nationale et rétablir la démocratie ainsi que l’État de droit.
En mai dernier, il avait présenté un plan en 12 points prévoyant notamment la fin de la guerre, le rétablissement de l’autorité de l’État et de l’État de droit, la réconciliation des communautés, la neutralisation des groupes armés et le retrait des troupes étrangères.
Sa déclaration de vendredi intervient après le lancement officiel, en août, par Félix Tshisekedi, d’un « Dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État ».
Prévu pour durer trois mois au maximum, ce processus doit débuter à la base avant de remonter vers les institutions nationales, selon la présidence. Toutefois, son format est jugé clivant. Les alliés politiques de Kabila en contestent les modalités et exigent des garanties quant à son caractère inclusif.
Parallèlement, les combats se poursuivent sur le terrain entre l’armée congolaise et les rebelles de l’AFC/M23, soutenus par le Rwanda, alors que les efforts de médiation de Washington et de Doha peinent à aboutir.




