Une attaque d’envergure menée la semaine dernière contre une base de l’armée dans le centre du Mali a coûté la vie à au moins 50 soldats et à cinq paramilitaires russes de l’Africa Corps, ont indiqué lundi à l’AFP des sources sécuritaires et locales.
L’assaut de jeudi contre le camp militaire de Dioura, revendiqué par des djihadistes, figure parmi les plus meurtriers subis par l’armée malienne depuis le début du conflit qui ravage ce pays d’Afrique de l’Ouest depuis plus d’une décennie.
Certaines sources contactées par l’AFP ont fait état d’un bilan plus lourd, estimé entre 60 et 80 soldats tués dans ce camp situé dans la région de Mopti (centre).
Plusieurs dizaines de soldats maliens ont également été faits prisonniers, selon ces mêmes sources sécuritaires et locales.
« Le bilan est lourd. Sans compter les blessés, je peux dire que nous déplorons la mort de plus de 50 de nos hommes, dont cinq membres de l’Africa Corps », a déclaré à l’AFP un officier présent sur les lieux.
Une autre source sécuritaire à Mopti a fait état de « plus de 60 soldats tués dans l’attaque, en plus d’une soixantaine d’autres faits prisonniers ». De son côté, un responsable local contacté par l’AFP a affirmé qu’« au moins 80 soldats ont été tués et beaucoup faits prisonniers ».
« Les djihadistes ont attaqué le camp de Dioura et sont revenus le lendemain », a précisé la source locale, ajoutant que « l’armée n’a pas envoyé de renforts sur place ».
Le Mali riposte par des frappes aériennes
À la suite de l’attaque, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), lié à Al-Qaïda, a rapidement revendiqué sur ses canaux de communication le « contrôle total d’une caserne de l’armée malienne dans la localité de Dioura ».
Depuis fin avril, le GSIM et ses alliés séparatistes touaregs mènent une série d’attaques visant à affaiblir la junte au pouvoir, notamment en s’emparant de la ville de Kidal (nord) et en tuant le ministre de la Défense.
Le Mali est en proie, depuis 2012, à une grave crise sécuritaire alimentée par les violences de groupes djihadistes liés à Al-Qaïda ou à l’organisation État islamique, ainsi que par des bandes criminelles et des groupes séparatistes armés. La junte au pouvoir, arrivée aux commandes à la faveur de deux coups d’État successifs en 2020 et 2021, a tourné le dos à la France — ancienne puissance coloniale — pour se rapprocher de la Russie, tant sur le plan militaire que politique.
Dans un communiqué publié dimanche au sujet de la situation, l’armée malienne a fait état d’« opérations aéroterrestres lancées contre les assaillants à Dioura » et a signalé la « neutralisation » de « plusieurs terroristes à moto tentant de se dissimuler » dans la brousse, au sud-ouest de la localité.
À la mi-juillet, au moins 50 autres soldats avaient perdu la vie dans le nord du Mali lorsqu’une coalition de séparatistes touaregs et de djihadistes a tendu une embuscade à un convoi de l’armée qui quittait la localité stratégique d’Anefis en direction de la ville de Gao.




