L’intérêt croissant pour les langues africaines ouvre de nouvelles perspectives commerciales, alors que les membres de la diaspora cherchent à tisser des liens avec leurs proches et leurs racines.
À Lagos, capitale économique du Nigeria, une émission de jeux télévisés impose une règle impitoyable : si vous parlez anglais, vous perdez. Pour une jeune adulte née aux États-Unis présente dans le public — et qui étudie la langue maternelle de ses parents —, ce cadre à fort enjeu constitue une salle de classe idéale.
Parallèlement, une adolescente canadienne de 15 ans s’entretient avec un professeur situé à 13 000 kilomètres de là, au Zimbabwe ; elle y apprend une langue que ses parents craignaient qu’elle ne parle jamais.
« Mhoroi », lance joyeusement Nyashadzashe Machingura avec un accent canadien prononcé, saluant ainsi son interlocuteur en shona, une langue vernaculaire du Zimbabwe.
Ces scènes illustrent l’intérêt nouveau et l’esprit entrepreneurial qui émergent autour des langues africaines, autrefois reléguées au second plan par des décennies de colonialisme. Souvent considérées comme secondaires par rapport à l’anglais, au français et au portugais, elles connaissent aujourd’hui une renaissance qui génère également des opportunités commerciales.




