Un tribunal a condamné vendredi l’ancien chef des renseignements intérieurs du Mali à 15 ans de prison pour « complot contre le gouvernement », à l’issue d’un procès de dix jours durant lequel il a ouvertement accusé la junte au pouvoir de corruption.
Le colonel Kassoum Goïta, ancien chef de la sécurité intérieure du pays, était accusé de tentative de coup d’État et de déstabilisation des institutions de l’État.
Il a été reconnu coupable de complot criminel et de complot contre le gouvernement.
Au cours du procès, Goïta a nié les accusations et a publiquement accusé les autorités au pouvoir de détournement de fonds et de torture.
Goïta est l’un des officiers de l’armée qui ont renversé le président élu Ibrahim Boubacar Keïta lors du coup d’État militaire d’août 2020, mené par le colonel Assimi Goïta.
Les deux hommes n’ont aucun lien de parenté, malgré leur nom de famille identique.
Sous la pression diplomatique, l’armée a par la suite remis le pouvoir à un gouvernement intérimaire civil chargé de ramener le Mali vers un régime civil.
Kassoum Goïta est devenu chef du renseignement intérieur sous ce gouvernement.
Il a cependant été limogé après le coup d’État d’Assimi Goïta en 2021, qui a renversé les dirigeants du gouvernement intérimaire et lui a permis de se proclamer président par intérim.
Le procureur avait requis 20 ans de prison contre Goïta et cinq autres accusés.
Les six accusés ont plaidé non coupable et ont été condamnés à des peines allant de sept à quinze ans de prison.
« Ce verdict ne nous surprend pas. Nous comptons épuiser tous les recours juridiques nationaux avant de saisir d’autres instances », a déclaré un avocat de la défense à l’AFP.




