Les réactions étaient partagées à Harare, la capitale zimbabwéenne, mercredi, au lendemain de la signature par le président Emmerson Mnangagwa d’une réforme constitutionnelle prolongeant son mandat jusqu’en 2030 et abolissant l’élection présidentielle au suffrage direct.
« C’est la loi, on ne peut plus la changer, mais quand on regarde autour de soi, on voit bien que les besoins les plus essentiels ne sont pas satisfaits », déplore Allen Isam, un habitant d’Harare.
« Par exemple, le chômage est très élevé et il y a maintenant beaucoup de vendeurs ambulants, de rabatteurs et même de mendiants dans les rues. Et maintenant, on parle de prolonger le mandat à sept ans alors que nous souffrons comme ça ! Ils votent cette loi uniquement pour servir leurs propres intérêts et nous ne sommes pas du tout à l’aise avec cette réforme. »
Enerst Karo, un autre habitant, a un avis différent : « Nous n’avons aucun problème avec la nouvelle loi. Nous voulons simplement que l’équipe dirigeante actuelle reste en place et que le président continue de gouverner. »
Parmi les nombreux amendements figure l’octroi au Parlement du pouvoir de nommer le président. Le parti au pouvoir, la ZANU-PF, affirme que ces modifications renforceront la stabilité politique.
Mais l’avocat des droits de l’homme Doug Coltart estime que le projet de loi aurait dû être soumis à un référendum :
« Ce n’est plus un projet de loi, il fait partie intégrante de notre droit, mais cela ne signifie pas pour autant qu’il est légal ou qu’il ne peut être contesté. Il peut l’être, et l’un des nombreux arguments invoqués est que la procédure de modification constitutionnelle n’a pas été menée dans les règles.»
Mnanagwa est arrivé au pouvoir en 2017 à la suite d’un coup d’État soutenu par l’armée qui a renversé le président Robert Mugabe, au pouvoir depuis de nombreuses années. Il a depuis été élu deux fois pour un mandat de cinq ans, la limite constitutionnelle pour un président.




