Face aux traumatismes liés à la violence, à la pauvreté et à la menace d’Ebola, les enfants de Goma restent particulièrement vulnérables. Une ONG locale s’efforce de leur apporter un soutien psychosocial ainsi qu’une aide matérielle.
À Goma, dans l’est de la République démocratique du Congo, les conséquences des conflits armés continuent de peser lourdement sur les enfants. Pour certains, la violence, les déplacements forcés et la séparation d’avec leur famille ont laissé des cicatrices profondes et difficiles à mesurer.
La résurgence d’Ebola dans la région est venue s’ajouter à ces défis. En réponse, l’ONG Samaritan Assistance for Vulnerable People (SAV) concentre ses efforts sur le soutien psychosocial, l’éducation et la sensibilisation à la santé.
À Goma, l’ONG Samaritan Assistance for Vulnerable People a organisé une journée de solidarité destinée aux enfants considérés comme particulièrement vulnérables. Des fournitures scolaires ont été distribuées, ainsi que des kits de protection contre Ebola.
L’objectif était de répondre à certains de leurs besoins essentiels tout en les sensibilisant aux mesures de prévention contre une épidémie qui touche plusieurs zones de l’est du pays.
« Ces enfants orphelins sont des êtres humains, mais ils sont souvent oubliés lors des campagnes de sensibilisation. Nous avons décidé de faire de ces enfants une priorité afin qu’ils puissent eux aussi comprendre les enjeux liés au virus Ebola », a déclaré Espoir Kikuni, responsable de l’ONG SAV.
Mais derrière l’aide matérielle se cache un autre besoin urgent : la santé mentale.
Dans les écoles bénéficiaires, l’organisation mène également un programme de soutien psychosocial et de santé mentale. Il s’agit d’aider les enfants à surmonter les traumatismes liés aux conflits, aux déplacements et à la précarité de leurs conditions de vie.
Pour l’ONG, aider ces enfants revient aussi à tenter de briser le cycle des traumatismes susceptibles de se transmettre d’une génération à l’autre.
« Notre région connaît cette situation depuis plus de 30 ans. Il est crucial d’investir dans ces enfants pour mettre fin à cet état de fait et éviter qu’il ne se propage aux générations futures. C’est ainsi que nous pourrons limiter ce que l’on appelle le traumatisme intergénérationnel », a expliqué Espoir Kikuni.
Dans les salles de classe, les enseignants sont en première ligne et constatent au quotidien les conséquences de cette situation.
Certains élèves peinent à se concentrer. D’autres deviennent plus agressifs ou se replient sur eux-mêmes. Selon les responsables scolaires, ces comportements pourraient être liés aux conditions dans lesquelles ces enfants grandissent.
« Ils n’ont rien, et chaque heure passée avec eux ici nous permet de ressentir la pauvreté qu’ils subissent. Sur le plan psychologique, ils sont traumatisés car ils vivent loin de leurs parents. C’est déjà un problème grave qui affecte leur santé mentale », a déclaré John Mwamba, directeur de l’école EPAIMOG.
Pour les équipes éducatives, l’école doit donc être bien plus qu’un simple lieu d’apprentissage. Elle doit également offrir aux enfants un environnement suffisamment stable pour les aider à retrouver un sentiment de sécurité et des repères quotidiens.
Près de deux ans après les combats ayant conduit à la prise de Goma, les conséquences du conflit restent visibles dans le quotidien de nombreux enfants.
À la pauvreté, au déplacement et aux traumatismes s’ajoutent désormais des préoccupations sanitaires liées à l’épidémie d’Ebola. Pour les organisations caritatives et les acteurs de l’éducation, l’enjeu est d’empêcher ces crises successives de compromettre durablement l’avenir de toute une génération.
Grâce au soutien psychosocial, à la scolarisation et à la sensibilisation à la santé, l’objectif est simple : aider ces enfants à retrouver progressivement un environnement plus stable et à reconstruire leur vie, malgré les blessures laissées par des années de crise.




