L’intelligence artificielle (IA) générative est de plus en plus utilisée dans la guerre de l’information au Mali, selon une étude publiée mercredi, les différentes factions du conflit maîtrisant cette technologie à des degrés divers.
L’analyse du Timbuktu Institute, un groupe de réflexion basé à Dakar, révèle que l’IA générative sert à « amplifier et accélérer » les clivages existants dans ce pays d’Afrique de l’Ouest, qui fait office de « laboratoire à ciel ouvert » pour l’usage de cette technologie dans le cadre d’un conflit.
Depuis 2012, cette nation sahélienne est en proie à une grave crise sécuritaire, alimentée notamment par les violences de groupes djihadistes, de bandes criminelles et de séparatistes armés.
À partir du mois d’avril, des combattants alliés issus du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) — affilié à Al-Qaïda — et du Front de libération de l’Azawad (FLA), un mouvement séparatiste touareg, ont lancé une série d’attaques visant à affaiblir la junte au pouvoir.
Le gouvernement militaire, qui a rompu ces dernières années avec l’Occident pour se rapprocher de Moscou, s’appuie sur les combattants paramilitaires russes de l’Africa Corps pour combattre les insurgés.
Loin d’être adoptée de manière uniforme, l’IA générative est déployée selon des modalités variables en fonction des capacités, des ressources et des objectifs de chaque faction, indique le Timbuktu Institute.
Si l’utilisation de l’IA par le JNIM semble « encore limitée », son organe médiatique, Az-Zallaqa, a tout de même diffusé des affiches générées par IA en juin 2026.
L’usage de l’IA est plus manifeste au sein des réseaux liés au FLA. Plusieurs comptes TikTok mettant en scène des personnages générés par IA — présentés comme de véritables individus — diffusent des messages favorables au groupe.
Ces personnages « humanisent » artificiellement la cause tout en rendant plus difficile l’identification des auteurs des contenus, souligne le groupe de réflexion.
C’est toutefois la Russie et l’Africa Corps qui font l’usage le plus sophistiqué de l’IA générative.
Le rapport note qu’en 2024, Meta et OpenAI ont identifié une opération russe utilisant des modèles d’IA pour produire des commentaires, des articles et des images en anglais et en français, destinés aux publics d’Afrique subsaharienne.
Selon l’analyse, l’Africa Corps dispose des ressources et de l’expertise nécessaires pour intégrer l’IA dans des opérations plus structurées, combinant contenus générés par IA, faux comptes et stratégies de diffusion.




