Le Soudan du Sud renforce la surveillance d’Ebola le long de sa frontière avec la République démocratique du Congo, où les importants mouvements transfrontaliers et les voies informelles constituent des défis majeurs. Les responsables de l’ONU et les autorités locales affirment que la préparation et la coordination sont essentielles pour empêcher l’entrée du virus dans le pays.
Une délégation de haut niveau des Nations Unies s’est rendue dans l’État d’Équatoria-Occidental afin d’évaluer le niveau de préparation face à Ebola et de renforcer la coopération avec les autorités locales en matière de santé publique, d’aide humanitaire et de consolidation de la paix.
Au poste frontière de Nabiapai avec la République démocratique du Congo, les agents de santé indiquent que des centaines de personnes y transitent chaque jour, avec un pic les jours de marché hebdomadaires.
« Nous contrôlons entre 800 et 1 000 personnes à cette frontière », explique Severio Peter, agent de santé en première ligne. Il précise qu’entre lundi et jeudi, en moyenne 200 à 500 personnes sont contrôlées quotidiennement.
Le principal défi, ajoute-t-il, réside dans la porosité des points de passage, qui permet aux personnes de contourner les points de contrôle officiels.
Préparation à une éventuelle épidémie
Aucun cas d’Ebola n’a été confirmé au Soudan du Sud, mais les autorités renforcent la surveillance face aux inquiétudes liées à la transmission transfrontalière.
Le gouverneur de l’Équatoria-Occidental, Badagbu Rimbasa, a déclaré que la préparation à Ebola était un point essentiel abordé lors de la visite de la délégation de l’ONU.
« Ebola n’est pas encore présent au Soudan du Sud, mais nous devons tout mettre en œuvre pour empêcher son introduction », a-t-il affirmé.
Le ministre de la Santé de l’État, Nama Bukulu, a plaidé pour un renforcement de la surveillance, notamment aux points de passage frontaliers, y compris la mise en place d’équipes de nuit pour contrôler les voyageurs arrivant en dehors des heures d’ouverture habituelles.
L’ONU soutient une coordination renforcée
Le Représentant spécial adjoint de l’ONU, Ramanathan Balakrishnan, a indiqué que les discussions avec les autorités avaient porté sur le renforcement du partenariat entre le gouvernement et l’ONU, notamment en matière de sécurité des opérations humanitaires et d’accès aux communautés dans le besoin.
« Nous avons également évoqué la préparation à Ebola et le soutien attendu des autorités de l’État », a-t-il précisé.
M. Balakrishnan a reconnu que des progrès avaient été réalisés en matière de préparation, tout en soulignant la nécessité de poursuivre les efforts.
Il s’est dit convaincu que la poursuite de la coopération entre les autorités nationales et étatiques, les agences des Nations Unies et les autres partenaires permettrait au Soudan du Sud de renforcer sa capacité de réaction en cas de détection d’Ebola.
Cette visite a souligné l’importance de maintenir la vigilance dans l’une des zones frontalières les plus fréquentées du pays, où l’important flux de population et les voies de passage non officielles rendent la surveillance épidémiologique particulièrement complexe.




