Les ministres européens de l’Intérieur ont exprimé leur préoccupation face aux cas d’« ingérence informationnelle » étrangère liés à la diffusion d’images durant la crise migratoire à Ceuta.
S’exprimant à l’issue d’une réunion avec ses homologues européens mardi, le ministre français de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a déclaré qu’il n’y avait pas de division au sein de l’UE sur ce sujet.
Cette discussion informelle en ligne a été organisée suite à l’afflux de dizaines de milliers de migrants la semaine dernière dans l’enclave espagnole d’Afrique du Nord.
M. Nuñez a affirmé que tous les États membres avaient, « sans exception », exprimé leur solidarité avec l’Espagne et que cette ingérence visait à « semer la discorde » entre eux.
« Il y a eu une certaine ingérence de la part d’États étrangers qui ont utilisé ces images pour critiquer la politique de gestion des migrations de l’UE », a-t-il déclaré.
Il a ajouté que les ministres européens avaient « également salué la manière dont le gouvernement espagnol avait géré la situation » et « l’excellente coopération avec le Maroc ».
M. Nuñez a indiqué que la France avait renforcé les contrôles à sa frontière avec l’Espagne suite à cet afflux massif de migrants.
Le ministre espagnol de l’Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, a déclaré que l’afflux de migrants à Ceuta n’avait pas compromis l’espace Schengen, zone de libre circulation sans visa.
Il a précisé que les contrôles d’identité aux frontières étaient maintenus entre Ceuta et l’Espagne continentale, ajoutant que la plupart des migrants avaient déjà été renvoyés au Maroc.
L’arrivée soudaine de 50 000 à 60 000 migrants jeudi et vendredi a déclenché une crise humanitaire à Ceuta et relancé le débat sur l’immigration au sein de l’Union européenne.
Plus de 80 migrants sont morts, notamment par noyade ou piétinés lors d’une bousculade pour franchir la digue, selon les autorités espagnoles et marocaines.




