Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) a exprimé jeudi sa vive préoccupation face à la répression exercée par les autorités ougandaises contre toute forme de dissidence.
Selon le HCDH, les restrictions des libertés civiles sèment la peur parmi les sympathisants de l’opposition, les journalistes, les militants et les organisations de la société civile.
« Nous sommes consternés par la répression de la dissidence, qui s’accompagne d’une érosion progressive de l’État de droit, d’une ingérence accrue de l’armée dans les institutions civiles et d’un rétrécissement de l’espace civique », a déclaré la porte-parole du HCDH, Ravina Shamdasani.
« Ceux qui osent s’exprimer sont réduits au silence. On observe une autocensure croissante, une étouffement accru du débat public et une polarisation grandissante », a-t-elle ajouté.
Le HCDH a indiqué avoir reçu des informations selon lesquelles au moins 50 dirigeants et sympathisants de l’opposition, cinq défenseurs des droits humains et cinq journalistes auraient été victimes de violations des droits humains depuis les élections générales du 15 janvier.
Ces violations signalées incluent les disparitions forcées, la torture et les mauvais traitements, ainsi que les arrestations ou détentions arbitraires fondées sur des dispositions légales que l’ONU juge non conformes au droit international des droits de l’homme.
Le HCDH a également indiqué que dix organisations de la société civile de premier plan avaient été suspendues depuis janvier, tandis que d’autres faisaient l’objet d’une surveillance accrue et, dans certains cas, de harcèlement.
Il a par ailleurs signalé une implication accrue de l’armée dans des fonctions normalement assurées par des institutions civiles. Certains médias auraient également été contraints de suspendre temporairement leurs activités.
Ces déclarations interviennent au lendemain de l’hospitalisation de Kizza Besigye, chef de l’opposition âgé de 70 ans, après son malaise lors d’une audience au tribunal.
Il est détenu depuis 2024, accusé de trahison pour un complot présumé contre le président Yoweri Museveni.
Le HCDH a appelé les autorités ougandaises à respecter leurs obligations en vertu du droit international des droits de l’homme, de la Charte africaine des droits de l’homme et de la Constitution ougandaise.
Il a ajouté qu’elles devaient garantir la liberté d’expression et la participation à la vie publique.




