Le Rwanda a averti samedi qu’il retirerait ses troupes engagées dans les opérations anti-djihadistes au nord du Mozambique si le financement de la mission n’était pas assuré.
Depuis 2021, le Rwanda déploie un contingent d’environ 1 000 soldats et policiers dans la province pétrolière de Cabo Delgado, participant à la lutte contre les insurgés affiliés au groupe État islamique.
« Nous sommes prêts à quitter le Mozambique si notre travail et nos résultats ne sont pas reconnus à leur juste valeur », a déclaré le ministre des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe, dans un communiqué publié samedi.
Il réagissait aux informations parues dans la presse selon lesquelles le financement de la Facilité européenne pour la paix (FEPP) destiné aux opérations de maintien de la paix dans la région devait s’épuiser en mai, sans perspective de renouvellement.
La porte-parole du gouvernement rwandais, Yolande Makolo, a déclaré vendredi que les coûts étaient au moins dix fois supérieurs aux 20 millions d’euros dépensés par l’Union européenne pour les opérations anti-djihadistes au Mozambique.
« Le travail de l’armée dans la lutte contre le terrorisme à Cabo Delgado a profité au peuple mozambicain et aux entreprises investissant dans le GNL », a déclaré la porte-parole du gouvernement, Yolande Makolo, dans une publication sur X.
Le nord du Mozambique possède d’énormes réserves de gaz, qui ont attiré l’attention de géants de l’énergie tels que le français TotalEnergies, l’italien ENI et l’américain ExxonMobil.
Fin janvier, TotalEnergies a relancé la construction d’un vaste projet gazier dans la région, interrompue cinq ans plus tôt après une attaque djihadiste qui a fait des centaines de victimes.
Ce projet de gaz naturel liquéfié devrait créer des milliers d’emplois et contribuer à faire du Mozambique l’un des plus grands exportateurs mondiaux de GNL.
Bien que Cabo Delgado n’ait pas connu d’attaque d’une ampleur comparable à celle de 2021, des attaques régulières, notamment des décapitations et des enlèvements, y sont perpétrées.
Plus de 6 400 personnes ont été tuées depuis le début de l’insurrection en 2017, selon l’organisation de suivi des conflits ACLED.
Ces violences ont contraint des dizaines de milliers de personnes à quitter leurs foyers.




