L’ancien président sénégalais, Macky Sall, brigue l’un des postes les plus prestigieux de la scène internationale : celui de secrétaire général des Nations Unies. Mais ses opposants au Sénégal ont commencé à s’élever contre sa candidature, accusant son gouvernement de répression.
Des opposants à l’ancien président sénégalais Macky Sall, notamment ceux qui se disent victimes de la répression de son administration, se sont opposés vendredi à sa candidature au poste de secrétaire général de l’ONU, l’accusant de violences et de crimes économiques.
Sall, qui a dirigé le pays de 2012 à 2024, est accusé d’avoir réprimé des manifestations politiques violentes qui ont fait des dizaines de morts durant ses dernières années au pouvoir.
Le gouvernement sénégalais actuel accuse également Sall d’avoir dissimulé l’ampleur réelle de la dette publique considérable du pays.
Une équipe du FMI a confirmé que des responsables avaient fait de fausses déclarations concernant les déficits budgétaires et la dette publique pour la période 2019-2023.
Lundi, le Burundi, qui préside actuellement l’Union africaine (UA), a proposé la candidature de Sall au poste de secrétaire général des Nations Unies.
Crimes sanglants et crimes économiques
Lors d’une conférence de presse vendredi, Pape Abdoulaye Touré, du collectif Familles des Martyrs, a accusé Sall de chercher refuge à l’ONU pour échapper aux poursuites judiciaires, ajoutant qu’il « ne mérite pas d’être secrétaire général ».
Le député Guy Marius, du parti au pouvoir, a quant à lui déclaré : « Nous ne pouvons accepter que l’ONU serve de refuge aux crimes sanglants et aux crimes économiques. »
Ces derniers jours, de nombreux groupes politiques et personnalités ont apporté leur soutien à la candidature de Sall, y voyant un moyen de renforcer le statut diplomatique de ce pays d’Afrique de l’Ouest.
Cependant, le ministre sénégalais des Affaires étrangères, Cheikh Niang, a souligné jeudi dans la presse locale que la candidature de Sall à l’ONU n’avait pas été soumise par Dakar, qui « n’était pas impliquée dans ce processus ».
Le gouvernement actuel, au pouvoir depuis avril 2024, a annoncé en août avoir ouvert des enquêtes sur les violences commises sous la présidence de Sall.
Au moins 65 personnes, majoritairement des jeunes, ont été tuées entre mars 2021 et février 2024 lors de manifestations de l’opposition de l’époque, selon un rapport publié l’année dernière par un groupe de journalistes et de scientifiques.
Ces manifestations ont été réprimées par le gouvernement de Sall et ont également fait de nombreux blessés et des arrestations. Les responsables de la nouvelle administration, dirigée par le président Bassirou Diomaye Faye et le Premier ministre Ousmane Sonko, principal rival de Sall, avancent le bilan des morts à plus de 80.
Une loi d’amnistie a été adoptée en mars 2024, durant les dernières semaines de la présidence de Sall, concernant les actes de violence commis entre 2021 et 2024.
Cependant, le Conseil constitutionnel du Sénégal a invalidé cette loi en avril.




