Un procureur sénégalais a affirmé mardi qu’un étudiant, dont les manifestants affirment qu’il a été tué par la police, est en réalité décédé après avoir « sauté du quatrième étage ».
Le décès d’Abdoulaye Ba, étudiant en médecine, survenu le 9 février dans des circonstances troubles lors de l’intervention policière sur le campus de son université à Dakar, la capitale, après plusieurs jours de manifestations étudiantes, a profondément choqué le pays.
Le rapport d’autopsie fait état de plusieurs blessures à la poitrine et au crâne, « compliquées par une hémorragie interne massive », ce qui, selon le médecin légiste, exclut « une mort naturelle isolée ».
Le collectif étudiant de l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD) a insisté la semaine dernière sur le fait qu’Abdoulaye Ba avait été « brutalement torturé à mort par la police ».
Mais le procureur du tribunal de Dakar a rejeté mardi cette version des faits, affirmant qu’Abdoulaye Ba « n’avait pas été battu ».
L’étudiant « a sauté du quatrième étage du pavillon F et a malheureusement atterri sur l’asphalte. Ceci explique les blessures et autres lésions constatées par le médecin légiste sur son corps », a déclaré Ibrahima Ndoye à la presse.
Selon M. Ndoye, Ba tentait de fuir un incendie qui s’était déclaré dans leur dortoir, provoquant « des flammes et de la fumée qui les suffocaient ».
Le procureur n’a pas donné de détails sur la cause de l’incendie présumé, qui s’est déclaré pendant l’intervention policière sur le campus.
Son insistance précédente, samedi, sur le fait que Ba n’avait pas été torturé a incité l’association des étudiants de l’UCAD à accuser le procureur de « semer la confusion ».
Le gouvernement a qualifié la mort de l’étudiant de « tragédie » et a admis une « faute professionnelle de la police ». Mais le ministre de l’Intérieur, Mouhamadou Bamba Cissé, a également justifié l’intervention en accusant les étudiants de tenter de détruire les infrastructures du campus universitaire, en citant des preuves vidéo.
Des images filmées par des étudiants et partagées sur les réseaux sociaux ont montré les violences entre les forces de sécurité et les étudiants.
Sur certaines images, on voit des policiers pénétrer dans l’enceinte universitaire et tirer des gaz lacrymogènes sur les bâtiments, tandis que les étudiants ripostent en lançant des pierres.
Dans une vidéo authentifiée par l’AFP, on voit des policiers frapper un homme qui crie avec des objets contondants.




