Un tribunal sud-africain a reconnu, lundi, deux personnes coupables d’une effraction dans la ferme du président Cyril Ramaphosa ; un vol d’argent liquide qui a failli lui coûter son poste.
Le scandale porte sur le vol, en 2020, de 580 000 dollars en devises étrangères, qui auraient été dissimulés dans des meubles au sein de la propriété de M. Ramaphosa, « Phala Phala », située dans la province du Limpopo (nord).
Le président a dû répondre à des interrogations sur l’origine de ces fonds, tout en faisant face à des accusations selon lesquelles il aurait dissimulé le vol à la police et aux autorités fiscales. Il nie toute irrégularité.
Le tribunal régional du Limpopo a reconnu Imanuwela David, considéré comme le cerveau de l’opération, coupable de trois des quatre chefs d’accusation retenus contre lui, dont celui de blanchiment d’argent.
Une employée chargée du ménage dans la ferme a également été reconnue coupable de complicité en vue de commettre une effraction, tandis que son frère a été acquitté.
Selon les éléments présentés au tribunal, Imanuwela David a été arrêté après avoir multiplié les dépenses somptuaires, notamment l’achat de voitures de luxe, d’une montre Rolex sertie de diamants et de biens immobiliers.
Le magistrat a souligné des lacunes dans l’enquête, tout en estimant que les preuves indirectes étaient suffisantes pour prononcer des condamnations.
L’affaire a éclaté en juin 2022, lorsqu’un ancien chef des services de renseignement sud-africains a porté plainte, accusant M. Ramaphosa d’avoir dissimulé le vol.
Cyril Ramaphosa, ancien militant anti-apartheid devenu homme d’affaires avant d’entrer en politique, a nié toute dissimulation, affirmant que l’argent provenait de la vente de 20 buffles.
Le scandale a failli lui coûter la direction du Congrès national africain (ANC) fin 2022, menaçant ainsi ses chances d’être désigné par son parti comme candidat à l’élection présidentielle de 2024.
Il a toutefois réussi à surmonter cette contestation interne.
Une commission indépendante a estimé que M. Ramaphosa « pourrait avoir commis » des violations graves et des manquements en lien avec cette affaire.
Cependant, le Parlement, alors contrôlé par l’ANC, a voté en 2022 contre l’ouverture d’une procédure de destitution.
En mai, la plus haute juridiction du pays a annulé cette décision, ouvrant la voie à un réexamen, par le Parlement, d’une éventuelle procédure de destitution. Depuis, Ramaphosa a déposé une requête en justice visant à faire réexaminer le rapport qui a déclenché la procédure de destitution.




