La Gambie a annoncé mardi qu’elle utiliserait 2,5 millions de dollars, provenant de la vente d’une demeure ayant appartenu à l’ancien président aux États-Unis, pour verser des réparations aux victimes de son régime.
En septembre, le département de la Justice des États-Unis a fait savoir qu’il restituerait à la Gambie le produit de la vente d’une propriété située à Washington, qui appartenait à l’ancien dictateur Yahya Jammeh.
Selon les autorités américaines, l’ex-président et son épouse avaient acquis ce bien, situé dans la banlieue huppée de Potomac, en utilisant « des produits d’activités criminelles et des fonds publics gambiens détournés ».
Yahya Jammeh est accusé d’avoir orchestré, durant ses 22 années au pouvoir — qui ont pris fin en 2017 —, des assassinats d’opposants politiques, des disparitions forcées, des viols et des actes de torture.
Une commission d’enquête a estimé qu’entre 240 et 250 personnes avaient été tuées par ses forces dans cette ancienne colonie britannique.
Il est également accusé d’avoir détourné des millions de dollars de fonds publics à des fins personnelles.
La Commission gambienne chargée des réparations, créée pour indemniser les victimes des exactions commises sous son régime, a confirmé la réception de ces fonds, précisant qu’ils seraient exclusivement consacrés au versement d’indemnisations.
Dans un communiqué, elle a qualifié cette restitution de « étape importante » vers le paiement des réparations promises dans le cadre d’une loi adoptée en 2023.
« La Commission s’engage à veiller à ce que ces fonds soient gérés de manière responsable, transparente et rigoureuse, dans le respect des droits et des besoins des victimes et des survivants », a-t-elle déclaré.
Yahya Jammeh vit actuellement en Guinée équatoriale, après avoir été contraint de quitter le pouvoir sous la pression des pays voisins de la Gambie, à la suite de sa défaite lors de l’élection présidentielle de 2016 face à l’actuel président, Adama Barrow.




